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exemple. On applique ici à la lettre les recommandations de l’Union Européenne et la récolte
reste inférieure à l’accroissement biologique annuel.
Le quart de la forêt est constitué de sapin blanc (
Abies alba
) dont les propriétés sont proches de
celle de l’épicéa. Pendant longtemps, cette essence a été jugée juste «
bonne à brûler
», elle est
devenue maintenant l’essence de référence dans la construction. Les 94 000 hectares de la forêt
du Vorarlberg appartiennent à plus de 6 000 propriétaires privés, souvent de moins de 5
hectares. Ce dernier point rend l’exploitation forestière complexe, mais possible, à travers des
groupements de propriétaires qui ont à cœur de valoriser et de transmettre leurs patrimoines
forestiers à leur descendance. La densité à l’hectare est de l’ordre de 400 m
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, basée sur une
sylviculture simplifiée et efficace. La filière forestière est ultra-concentrée avec deux intervenants
seulement : la chambre d’agriculture, qui a en charge l’animation des groupements forestiers
privés, et le «
land
», ou région, qui a la responsabilité du marquage des bois à commercialiser.
L’industrie du sciage, dite de première transformation, reste classique, elle vise avant tout la
qualité en mettant sur le marché des bois séchés aux taux d’humidité requis en fonction des
usages : 12 % pour les bois destinés à la construction et 6 à 8 % pour les bois destinés à la
menuiserie.
Fort d’une riche tradition de construction en bois, d’une ressource gérée durablement, de
compétences humaines et d’une identité régionale marquée par la tradition et l’innovation, le
Vorarlberg s’appuie aussi sur un réseau d’entreprises de la construction. Celles-ci ont fait le choix
de la préfabrication en atelier qui offre de meilleures conditions de travail aux employés, qui
augmente la précision des composants (et donc la qualité des réalisations), qui réduit la durée et
les nuisances sur chantiers et qui facilite la gestion des déchets.
Mais c’est bien l’architecture, associée à l’ingénierie et aux entreprises de la construction bois qui
«
tire
» toute la filière. Une très bonne image s’est installée dans le public autour de l’architecture
bois innovante, tout en restant pragmatique. Elle repose sur l’amélioration des compétences par
des programmes de formation initiale et continue, un travail de communication soignée, la mise
en place de grappes d’entreprises ou «
clusters
» et l’évaluation des qualités écologiques
globales des bâtiments qui détermine l’importance des subventions. Cette évaluation s’appuie sur
le «
Gebäudeausweis
» ou passeport du bâti qui constitue la grille d’évaluation des
caractéristiques écologiques d’un bâtiment. Il est organisé en cinq thèmes et cinquante-deux
cibles. Si l’utilisation des bois locaux ou celle de bois importés, mais éco-certifiés apporte des
points supplémentaires, l’utilisation du PVC en menuiserie, dans les conduites d’eau, les
revêtements de sols en retranche. Un accent particulier est mis aussi sur la performance
énergétique dont le seuil minimal est fixé à 60 kWh/m
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.an. De même, le chauffage central à la
biomasse ou le raccordement à un réseau de chaleur à la biomasse est compté très
positivement. Cette approche a donné des résultats majeurs pour la filière bois régionale. Depuis
1997, on peut noter : +10 % pour la part du bois dans les bâtiments, +20 % d’emplois nouveaux