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Ce tissu de PME agricoles, premier maillon de valorisation des produits agricoles à valeur
ajoutée, aura des retombées importantes sur les populations locales (à travers les emplois
directs, indirects et la fiscalité). En effet, les PME/PMI africaines sont un levier puissant du
secteur privé qui a un impact considérable sur le développement (CGLUA, 2009).
La production issue de ces entreprises ira sur le marché local, avec des produits de meilleure
qualité que ceux disponibles actuellement, mais surtout elle touchera le marché international des
botanicals
dont l’accès est d’une importance stratégique pour les pays africains, car propice au
développement des exportations et à l’entrée de devises étrangères. L’expérience congolaise
fera à cet égard cas d’école via le développement de l’entreprenariat international en Afrique au
profit du développement économique d’un pays.
Environnement, biodiversité et lutte contre les changements climatiques
La production de
botanicals
va avoir un impact positif majeur sur l’environnement forestier, car
c’est notamment en forêt que l’on retrouve les espèces qui ont le plus grand potentiel de
valorisation sur le marché international.
Certaines des espèces avec lesquelles travaillent les écopreneurs peuvent être domestiquées et
cultivées, ce qui aura un impact sur l’afforestation de terrains dénudés. D’autres nécessitent un
environnement forestier complet pour atteindre des concentrations satisfaisantes en principes
actifs. La survie à long terme des populations végétales sauvages et des habitats qui leur sont
associés sont donc des critères essentiels de la durabilité du modèle économique. L’utilisation
durable de la biodiversité locale comme outil de développement socio-économique transformera
le comportement des acteurs locaux. Par ailleurs, en créant des revenus durables en milieu
forestier, on diminue également la pression anthropique et la surexploitation des ressources
forestières.
Dans le contexte mondial de la lutte contre le réchauffement climatique, une initiative comme
celle-ci est facilement valorisable par le biais des différents outils de valorisation de la capture et
du stockage de carbone. En favorisant aussi l’inclusion de l’équité sociale et économique, elle
s’inscrit parfaitement dans le programme des Nations Unies pour la réduction des émissions
résultant du déboisement et de la dégradation des forêts (REDD +) déjà en cours dont elle
permettra de mitiger les effets négatifs.
Sur le site du projet, la réserve de la biosphère de Luki, site classé par l’UNESCO, la zone initiale
de production abrite une grande variété de biotopes qui en font un espace de protection unique
pour le pays. Inscrit au mécanisme REDD + et géré par WWF, partenaire de la première heure de
BDA, il fait l’objet d’une étroite surveillance qui contraint les habitants de la zone à une utilisation
pérenne des ressources. Autour de la réserve, la population des villages a augmenté de 190 %
entre 1993 et 2003 (RAPAC, 2008) ce qui accentue considérablement les pressions anthropiques
sur la réserve. Grâce au développement de sources de revenus supplémentaires, le programme