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Des impacts non négligeables
L’option de la fiscalité forestière décentralisée au profit des communautés locales et de dévolution
de responsabilités de gestion à ces dernières a eu des impacts significatifs. Ces impacts sont tout
aussi bien d’ordre organisationnel et politique, que socio-économique et culturel. Les effets sur la
conservation ne sont pas en marge, quoique mitigés.
Du point de vue organisationnel, la mise en place des COVAREF a permis de rapprocher
davantage les populations des différents villages et les élections de délégués villageois dans ces
organisations ont suscité un processus de démocratisation locale autour de la gestion des
ressources fauniques et de leurs retombées financières. En effet, le renouvellement, par suffrage
universel direct, des assemblées générales et des bureaux des COVAREF (qui se suivant une
fréquence biennale) crée, dans la plupart des villages, une scène publique effervescente au cours
de laquelle, les responsables sortant essaient de défendre leurs bilans pour faire face à
l’adversité des challengers qui, eux ne manquent pas d’astuces pour tenter de séduire l’électorat.
L’initiative a aussi contribué d’une certaine manière à la stabilisation de la scène sociopolitique
dans la zone, dans la mesure où, les hauts postes de responsabilité, créés dans ces entités, ont
parfois permis d’établir des équilibres sociopolitiques entre villages et groupes ethniques de la
zone. Le poste de président dans les COVAREF Salokomo et Boumba-Ndjombi est ainsi
régulièrement utilisé comme outil de négociation pour la distribution des pouvoirs entre les
villages, au même titre que la position de responsable de la sous-section locale du parti au
pouvoir ou de conseiller municipal. Enfin, restant dans le chapitre sociopolitique local, on peut
signaler que la création des COVAREF a aussi donné l’occasion aux groupes sociaux
marginalisés que sont « pygmées » Baka et les femmes, de s’exprimer sur la gestion des affaires
publiques. Cela a été d’autant plus possible que d’année en année, l’effectif de ces groupes allait
croissant comme le montre le tableau 3. Il s’agit là d’un indicateur de l’amélioration du système
gouvernance locale, redevable à l’implication formelle des populations riveraines à la gestion des
retombées de la faune.
Tableau 3. Évolution des effectifs des Baka et des femmes élues dans les COVAREF entre 2002
et 2009
Années
Hommes Bantou
Hommes
Baka
Femmes Bantou Femmes Baka
TOTAL
2002
194 (91,5 %)
14 (6,6 %)
03 (1,4 %)
01 (0,5 %)
212 (100 %)
2005
147 (62,6 %)
43 (18,3 %)
44 (18,7 %)
01 (0,4 %)
235 (100 %)
2009
116(51,3 %)
62 (27,4 %)
47 (21,8 %)
01 (0,5 %)
226 (100 %)
(Les chiffres entre parenthèses indiquent les valeurs relatives par rapport au total de délégués)
L’initiative a également permis d’atténuer les conflits, autrefois récurrents, entre les populations et
les chasseurs sportifs. En effet, avant la mise en place des ZIC et ZICGC, les populations locales
et les chasseurs disputaient les mêmes espaces de chasse et chaque saison de safari, une
dizaine de cas de frictions entre les deux parties était signalés au niveau de l’administration. Au