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5. 9 Vingt ans de foresterie communautaire au Népal :
adaptations et contributions aux changements – Qu’avons-
nous appris?
Patrick ROBINSON
L’expérience du « Swiss Nepal Community Forestry Project » (NSCFP)
Patrick ROBINSON,
Case Postale 90, 2009 Neuchâtel, Suisse, Email :
pat.robinson@bluewin.ch
Après 20 ans d’activités du projet NSCFP dans une région montagneuse du Népal, pendant une
période de conditions-cadres en forte évolution et d’adaptation dans les stratégies et activités du
projet, il est possible de se prononcer sur leur adéquation pour durablement améliorer les moyens
d’existences des populations rurales ainsi que la gouvernance en général. Avec le temps, les
contraintes et potentiels ont évolué, amenant ainsi de nouvelles possibilités, mais aussi des défis
autour de cet ancien dicton népalais
« Hariyo Ban, Nepalko Dhan
» (les forêts vertes, la richesse
du Népal).
Contexte et antécédents
Plus de 550 000 personnes habitent la région, dont 85 % en zone rurale. La population est
composée de différentes ethnies tibéto-birmanes et des hindou-ariens de différentes castes (dont
8 % d’intouchables). Les castes supérieures de ces derniers avaient graduellement acquis une
supériorité politique et économique, encouragée par le pouvoir central hindou depuis la fin du 18e
siècle, et maintenue par l’administration centraliste du système politique mono parti de 1950 à la
fin des années 1980. Les garçons de familles défavorisées et les filles soit n’allaient pas à l’école,
soit étaient retirés tôt de l’école pour le travail familial. L’administration dans les Districts ruraux
ne comptait pas de femmes et très peu d’hommes issus des castes hindoues inférieures et des
ethnies tibéto-birmanes.
La Direction du développement et de la coopération suisse – DDC - avait déjà financé deux
projets ruraux dans un District de cette région montagneuse (500 m -7000 m) à l’est de
Katmandou. Le premier (1964-1971), dont l’accès était à l’époque à une semaine de marche de
la dernière route carrossable- était multisectoriel appuyant le développement de l’agriculture,
l’élevage, la foresterie et de la santé. Une conclusion importante était que le manque de moyens
de communication et de transport empêchait le potentiel de développement de la région qui avait
un déficit d’environ 30 % de nourriture (systèmes de production agricoles mixtes-élevage et
différentes cultures sur petites parcelles en terrasses). Le deuxième projet (1975-1990), combiné
avec un projet de développement d’accès routier, avait une stratégie de développement rural
intégré, avec des considérations écologiques, économiques et socio-culturelles, incluant un volet
forestier important. Il y a eu une augmentation de production agricole pendant une quinzaine