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Encadré 1. Foresterie communautaire au Lac-Saint-Jean : la prise en charge de la
forêt par les communautés
Serge HARVEY
Traditionnellement, et encore aujourd’hui, la gestion forestière au Québec est marquée par une
prise de décision centralisée dans les mains des compagnies forestières et des experts de
l’État, laissant peu de place aux initiatives citoyennes et locales de gestion forestière. Malgré
cela, des modèles innovants en faveur d’une prise en charge de la forêt par les communautés
existent depuis plus de 15 ans au sein du territoire d’influence de la Forêt modèle du Lac-Saint-
Jean.
Le concept de foresterie communautaire – bien connu autour du globe - implique des bénéfices
socioéconomiques, écologiques et culturels qui engagent les communautés dans la gestion des
forêts (Alemagi, 2011)
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. La foresterie communautaire permet également aux communautés de
« mieux vivre de la forêt », dans une perspective de développement durable. Au cours de
l’année 2010-2011, un projet de recherche de la Forêt modèle du Lac-Saint-Jean sur
l’entrepreneuriat forestier collectif s’est penché sur deux initiatives de foresterie communautaire
présentes au sein de son territoire. L’objectif de l’étude était d’identifier les conditions gagnantes
et les contraintes au démarrage et au bon fonctionnement de ces initiatives.
Les deux cas à l’étude de ce projet sont : 1 o l’Agence de gestion intégrée des ressources
(AGIR), de Normandin, qui regroupe huit corporations locales de développement en milieu
forestier (CLDMF) œuvrant dans une perspective de gestion intégrée des ressources
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(GIR);
2 o la Coopérative de solidarité forestière de la Rivière-aux-Saumons, sise dans la municipalité
de La Doré, qui intervient et planifie selon une approche GIR par bassin-versant.
Des résultats positifs pour les citoyens
L’étude révèle que les membres de ces organisations ont su mettre en place un système de
gouvernance participatif, local et démocratique (à l’instar de la gestion forestière traditionnelle
polarisée entre deux groupes : l’État et l’industrie). Malgré l’absence de droits sur la ressource
forestière, détenus par l’industrie, les organismes parviennent à créer de l’emploi localement au
sein d’organisations économiquement viables. De plus, ils réinvestissent généralement une
partie de leurs profits dans des projets communautaires au bénéfice de la population locale. Ces
investissements prennent différentes formes : dons pour des organismes caritatifs, contribution
pour la construction d’un terrain de jeux, financement d’un projet d’aide aux démunis, etc.
Tout comme la Forêt modèle du Lac-Saint-Jean, le Groupe AGIR et la Coopérative de solidarité
forestière de la Rivière-aux-Saumons se démarquent par leur volonté de mettre en valeur les
différentes ressources du territoire, y compris les ressources non ligneuses (champignons,
bleuets, etc.). Ils veillent également à s’assurer de maintenir la santé des écosystèmes
forestiers, bref que l’aménagement d’une ressource ne se fasse pas au détriment d’une autre.
Au Québec, peu d’initiatives de foresterie communautaire démontrent ce degré d’avancement, à
la fois pour la force de leur système de gouvernance et d’intégration des différents usages et
intérêts du territoire, qu’à leur capacité à planifier et à effectuer des travaux sur le territoire. Par
ailleurs, la mise en application du nouveau régime forestier du Québec, qui entrera en vigueur
en avril 2013, suscite beaucoup d’attentes de la part des membres de ces organisations, qui y
voient une opportunité exceptionnelle de développement. Il reste à déterminer si cette nouvelle
loi, axée sur l’aménagement durable des forêts et une régionalisation de la gestion forestière,
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Alemagi, D., R. Hajjar, S. David, and R.A. Kozak. 2011. Benefits and Barriers to Certification of
Community-Based Forest Operations in Cameroon: An Exploratory Assessment. Small-scale Forestry.
DOI 10.1007/s11842-011-9192-9
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La gestion intégrée sous-entend la prise en compte et l’harmonisation des différents usages et valeurs
des utilisateurs du territoire.