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Forêts et humains : une communauté de destins
P o i n t s d e r e p è r e
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fonction. C’est toutefois la première définition, celle de l’activité économique
portant sur les questions environnementales qui est le plus souvent trouvée
dans ses diverses déclinaisons. L’élargissement de perspective du PNUE est
intéressant ici puisqu’il met l’économie au service du développement durable,
avec ses impératifs sociaux environnementaux et éthiques.
C’est dans cette deuxième acception de l’économie verte que la forêt
prend racine. En effet, les forêts fournissent un ensemble de services envi-
ronnementaux qui entraînent une amélioration du bien-être humain tout en
réduisant de manière significative les risques environnementaux. Reste la
dimension de l’équité sociale, pour laquelle la forêt n’a naturellement pas de
rôle et pour laquelle il faut que les termes de l’échange économique soient
rééquilibrés si l’on veut satisfaire à la définition du PNUE. Ce rééquilibrage
ne peut être fait que par une intervention délibérée reconnaissant la valeur
des services divers générés par des forêts en bonne santé et rémunérant ceux
qui en assurent la conservation. Il appelle donc à une réforme des relations
économiques traditionnelles entre les consommateurs et bénéficiaires des
services écosystémiques générés par les forêts et ceux qui, vivant à proximité,
doivent agir de manière à les préserver.
Il s’agit donc de voir ici comment une économie qui se veut verte peut
contribuer à la réduction de la pauvreté. Il existe en effet un lien proche entre
la pauvreté et la dépendance aux écosystèmes forestiers dans le monde actuel.
Les auteurs des différents chapitres nous donnent des pistes pour contribuer
à l’atteinte de cet objectif et nous mettent aussi en garde contre les pièges qui
s’y cachent.
Dans un premier chapitre, il est fait état des forces directrices qui résultent
de l’évolution de la population humaine et des pressions qu’elles induisent sur
les forêts à l’échelle planétaire. On s’y attarde aussi sur les paramètres qui
devraient être pris en considération pour définir une forêt et sur les services
écosystémiques pour lesquels l’humanité est redevable grâce à la présence de
forêts en santé.
Même si elles occupent 31 % des terres émergées (FAO, 2010), la situa-
tion des forêts inquiète surtout dans la zone tropicale. En effet, l’essentiel des
pertes de superficies forestières est constaté dans la zone tropicale alors que
les gains sont enregistrés dans les pays industrialisés du Nord et dans les pays
émergents d’Asie (FAO, 2010), comme l’indique la figure 1.