Chapitre 3 – Les services d’appui et de régulation
P o i n t s d e r e p è r e
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d’évapotranspiration de l’eau vers l’atmosphère qui, à son tour, affecte les
précipitations. Ce qui importe, ce n’est pas seulement d’accepter que les forêts
jouent ce rôle critique, mais plutôt de mieux comprendre et tenir compte du
fait que d’autres formes de végétation ne peuvent remplacer les forêts et pro-
duire le même effet. Il en va de même pour la plupart des services rendus par
une forêt en santé.
La reconnaissance des services écosystémiques rendus à l’humanité par la
forêt est un thème émergent qui devra interpeller l’économie verte, si celle-ci
veut contribuer à la réduction de la pauvreté et au développement durable.
Même si l’on note d’importantes incertitudes sociétales associées au concept,
c’est-à-dire l’existence de perceptions différenciées, voire contradictoires, avec
des controverses d’une part autour du concept même de service et de la place
de l’homme dans les écosystèmes, et d’autre part autour des dispositifs de
gouvernance issus de ce concept, tels que les paiements pour services envi-
ronnementaux, ces derniers devront trouver leur place dans l’économie verte.
La Francophonie peut contribuer à aider ses membres à légiférer sur la
forêt, l’eau et les services écosystémiques afin d’avoir des politiques et un
cadre juridique efficaces sur la foresterie. Elle peut aussi contribuer à déve-
lopper des méthodes visant explicitement à mettre en débat conjointement les
incertitudes scientifiques et sociétales associées au concept de services éco-
systémiques des forêts, en amont de tout dispositif politique ou de gestion
reposant sur ce concept.
Élever significativement le niveau de bien-être de l’humanité et répondre
aux besoins d’une population mondiale en forte progression, tout en assu-
rant l’intégrité des ressources naturelles, particulièrement les forêts, est un
des principaux défis que doivent relever plusieurs institutions à travers leur
politique de développement. L’économie verte y parviendra-t-elle, cela reste
à prouver.
Ce chapitre comporte six études de cas : la première explore l’importance
des forêts de mangroves dans le monde, la deuxième s’intéresse à l’impor-
tance des forêts pour les petits états insulaires, la troisième porte sur la valeur
économique totale d’un parc au Gabon, la quatrième examine le potentiel du
mécanisme REDD+ dans les forêts du bassin du Congo, la cinquième explore
les limites de la notion de REDD+ et la dernière relate les résultats d’une
recherche sur le paiement des services écosystémiques en Inde.
Paul Ouédraogo et Anada Tiega de la Convention Ramsar présentent un
portrait mondial des forêts de mangroves et un aperçu des biens et services
fournis par ces forêts ripariennes. L’article aborde leur rôle essentiel dans l’ali-
mentation humaine et la protection des zones côtières fragiles. Ils exposent
que les mangroves remplissent des fonctions critiques liées à la régulation de