Chapitre 3 – Les services d’appui et de régulation
P o i n t s d e r e p è r e
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Le concept de VET est encore peu utilisé en Afrique centrale. Il regroupe
tous les bénéfices économiques à attendre d’un « actif naturel » et se compose
schématiquement de plusieurs catégories de valeur : (1) les valeurs d’usage
direct et indirect représentent les avantages tirés de l’environnement par l’uti-
lisation directe ou indirecte que les agents économiques font des ressources
de l’environnement; (2) la valeur d’option correspond à la valeur attribuée à
un usage potentiel futur; (3) les valeurs de non-usage regroupent les bénéfices
associés au maintien dans le temps de la disponibilité d’un bien, sans que
celui-ci soit destiné à être utilisé.
La comparaison de ces deux VET indique clairement la prédominance,
en termes de bien-être économique, du scénario « avec PNI » sur le scénario
« sans PNI ». Selon cette analyse, l’instauration du PNI génère plus de bien-
être pour la société humaine que l’option de son exploitation, mais cette
conclusion est fortement dépendante de la prise en considération de la fonc-
tion écologique de séquestration de carbone.
Si le scénario sans PNI répartit de manière à peu près égale les bénéfices
entre État, populations et opérateurs privés, le scénario avec PNI bénéficie
majoritairement à la communauté internationale, principalement en raison de
la valeur écologique et de la valeur de non-usage offertes par le PNI. Ainsi,
si le scénario avec PNI offre bien la VET la plus élevée et constitue donc
l’option économiquement optimale, la répartition de ses bénéfices spécifiques
milite pour une prise en charge internationale du fonctionnement du PNI.
L’estimation de la VET du PNI n’est pas un résultat définitif : cette infor-
mation ne prend tout son sens que dans un processus itératif de gestion de ce
parc national. L’intérêt de l’évaluation économique totale est de pouvoir inté-
grer des évolutions initialement imprévues et d’alimenter ainsi le processus
de décision sur la gestion durable (et économiquement optimale) du PNI.
L’objectif premier de calculer la VET du PNI ne doit donc pas être de justifier
a posteriori un choix de gestion, mais de permettre aux acteurs de discuter
a priori des modalités d’aménagement du PNI dans un contexte changeant.
Elle peut alors constituer un élément important de discussion entre acteurs et
améliorer, à peu de frais, la prise de décision.
Dans une optique où l’économie verte suppose une rétribution des ser-
vices écosystémiques, il serait logique, à la lumière de cette analyse, que la
communauté internationale soit redevable de la création de parcs dans des
zones où ces derniers permettent le maintien ou l’amélioration des fonc-
tions qui justifient ces services. La création d’un Fonds climat dans le cadre
de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
(CCNUCC) devient un outil intéressant pour permettre aux pays et aux com-
munautés, qui se privent d’un produit économique immédiat pour créer des
aires protégées, de recevoir des compensations qui les incitent à préserver ces
fonctions.