Chapitre 4 – Les services d’approvisionnement
P o i n t s d e r e p è r e
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cœur de l’engagement de l’organisation. La formation des écopreneurs se fait
sur une période de trois ans et s’accompagne d’une certification, de la créa-
tion d’un centre de conditionnement des plantes à valeur ajoutée fonctionnel,
rentable et durable respectant les normes internationales de l’OMS et de la
sensibilisation des populations locales, des partenaires locaux et des autorités
locales régionales et nationales à la protection de l’environnement et de sa
biodiversité dans une perspective de développement économique.
Certaines des espèces ligneuses avec lesquelles travaillent les écopreneurs
peuvent être domestiquées et cultivées, ce qui aura un impact sur l’affores-
tation de terrains dénudés. D’autres nécessitent un environnement forestier
complet pour atteindre des concentrations satisfaisantes en principes actifs.
La survie à long terme des populations végétales sauvages et des habi-
tats qui leur sont associés sont donc des critères essentiels de la durabilité du
modèle économique. L’auteure postule que l’utilisation durable de la biodiver-
sité locale comme outil de développement socio-économique transformera le
comportement des acteurs locaux. Par ailleurs, en créant des revenus durables
en milieu forestier, on diminue également la pression anthropique et la surex-
ploitation des ressources forestières. Cela se traduit par la possibilité de créer des
crédits de carbone par le REDD+ qui peuvent être d’ores et déjà transigés sur
le marché volontaire et rapporter des revenus supplémentaires aux populations
qui participent au projet.
Le projet permettra d’alimenter une documentation écrite sur la phar-
macopée africaine qui est encore aujourd’hui essentiellement orale contraire-
ment à la pharmacopée chinoise, indienne ou japonaise, ce qui correspond à
une valorisation des cultures locales. Il contribuera aussi à la recherche et au
développement agronomique en permettant à de nombreuses plantes à valeur
ajoutée de se voir doter de modes opératoires standardisés (MOS) de culture
afin d’optimiser et de stabiliser la production végétale, d’en assurer la qualité
et la teneur en ingrédients actifs. Il contribuera également à la protection de
certaines espèces non domestiquées qui sont en voie de disparition, car leur
consommation répond aux besoins nutraceutiques des populations locales,
mais dont la cueillette ne se fait pas systématiquement de façon responsable.
La démarche suivie par BDA contraste singulièrement avec l’approche tra-
ditionnellement utilisée par les acteurs de développement qui mettent en avant
des critères plutôt socio-économiques (vulnérabilité du ménage, origine sociale,
appartenance à une minorité, etc.) pour justifier du choix des bénéficiaires de
leurs activités. Cette approche qui se justifie sous les angles de lutte pour une
meilleure justice sociale et contre l’extrême pauvreté se révèle inadaptée pour
choisir des entrepreneurs capables de s’investir, de prendre des risques et de
créer des entreprises exportatrices qui génèreront à l’avenir des retombées