Forêts et humains : une communauté de destins
P o i n t s d e r e p è r e
50
Conclusion
Dans ce chapitre, les auteurs ont présenté les principales raisons qui
entraînent la dégradation des fonctions écosystémiques des forêts en termes
d’extraction des ressources forestières pour alimenter l’économie mondiale.
Ces facteurs sont multiples, mais les plus importants sont étroitement asso-
ciés à la recherche de profits rapides des grandes sociétés ou à la pauvreté des
populations qui vivent des forêts et qui ne sont pas récompensées pour les
bonnes pratiques qui conservent aux écosystèmes forestiers leurs fonctions
autres que la satisfaction immédiate des besoins économiques de base. Les
forêts sont donc systématiquement fragilisées par l’accroissement démogra-
phique et par la croissance de la demande, en particulier pour les produits de
l’agriculture industrielle.
L’économie verte dans le domaine des forêts devrait favoriser une sécu-
risation du droit foncier et une action convergente sur des politiques d’in-
tensification agricole dans les terres déjà défrichées et dans des systèmes
agroforestiers ou de sylvo-pâturage. De cette façon, les paysans pourront
investir dans ces terres produisant plus et seront moins portés à trouver leur
subsistance en déboisant de nouveaux territoires forestiers.
La mise en valeur de produits forestiers à haute valeur ajoutée labellisés
et commercialisés en respectant des règles de qualité et de traçabilité qui per-
mettent de les vendre à un juste prix sur les marchés extérieurs peut aussi
constituer une façon efficace de lutter contre la pauvreté des populations qui
dépendent de la forêt. Enfin, une vision intégrée de la filière bois et la maxi-
misation de son utilisation dans le secteur du bâtiment s’avèrent des pistes de
réflexion pour augmenter la richesse dans les régions forestières.
Tout cela demandera toutefois à plusieurs égards une réforme de la gouver-
nance des forêts dans les pays concernés. C’est ce qui fera l’objet du prochain
chapitre.