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Forêts et humains : une communauté de destins
P o i n t s d e r e p è r e
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Les forêts du bassin du Congo couvrent 200 millions d’hectares au cœur
du continent africain. Tout à la fois, elles représentent la ressource quotidienne
de 60 millions de personnes, produisent des moyens financiers pour les États
de la région par l’exploitation du bois d’œuvre, absorbent d’énormes quan-
tités de carbone, fournissent le socle d’une biodiversité unique et régulent le
débit des grands fleuves d’Afrique centrale. Cette immensité rend impossible
par des moyens conventionnels de se faire une image juste de leur état de
dégradation.
Le Rapport 2010 sur l’état des Forêts du Congo avait pour objectif de
fournir aux décideurs d’Afrique Centrale une base d’information exhaustive
et de qualité afin de servir au mieux les intérêts des États et des populations
de la région. Ce rapport est doublé par un Observatoire en ligne. Le premier
chapitre du rapport présente les résultats les plus récents disponibles sur la
distribution spatiale et sur l’évolution des forêts du bassin du Congo, en se
basant sur l’exploitation et l’analyse d’un grand nombre d’images satellites
acquises au cours des vingt dernières années. Les suivants décrivent quelques
causes majeures de l’évolution du couvert forestier et les pistes possibles pour
juguler un phénomène important de déforestation et dégradation forestière.
Les résultats de l’évaluation du changement du couvert forestier par
échantillonnage indiquent que le taux annuel de déforestation brut dans le
bassin du Congo a été de 0,13 % pour la période 1990 - 2000 et que ce taux
a doublé pour la période 2000 - 2005. La tendance est similaire pour le taux
de déforestation net ainsi que pour les taux bruts et nets de dégradation
forestière. Ces nouvelles estimations à l’échelle du bassin révèlent un dou-
blement du taux de changement du couvert forestier entre les deux périodes.
L’évolution de la déforestation brute entre 1990 - 2000 et 2000 - 2005 est
assez marquée en RDC, au Cameroun et au Congo, alors qu’elle se stabilise au
Gabon et en RCA. La déforestation nette diminue au Cameroun et au Gabon,
elle est stable à 0,6 % en RCA et elle augmente au Congo et en RDC. À
l’échelle du bassin dans son ensemble, le taux annuel de dégradation est passé
de 0,05 % entre 1990 et 2000 à 0,09 % entre 2000 et 2005. Cette augmentation
est surtout due à l’évolution constatée en RDC.
Entre 1990 et 2000, les phénomènes de déforestation, reforestation et
dégradation sont plus marqués dans les zones accessibles situées en bordure
du massif ou le long du fleuve Congo. Entre 2000 et 2005, les processus
de déforestation et de dégradation se développent également dans des zones
moins accessibles.
L’intensité de la perte du couvert forestier est cependant variable en fonc-
tion des régions considérées et est principalement corrélée avec les fortes
densités de population et l’intensité des activités minières. Il apparait qu’ac-
tuellement les deux principales causes de changement du couvert forestier
(déforestation et dégradation) sont dues à l’exploitation de la forêt à des fins