La participation publique dans l’évaluation environnementale en Afrique francophone
P o i n t s d e r e p è r e
130
de construction et de mise en œuvre d’un projet où toute l’activité prédictive
de l’évaluation des impacts est éprouvée, et donc susceptible de contribuer à
l’enrichissement du processus, sont exemptées de la participation du public
dans les pays francophones de l’Afrique subsaharienne et de l’océan Indien.
Il va de soi que la contribution de la participation publique à la décision
en environnement demeure quelque peu mitigée dès lors qu’elle n’intervient
pas systématiquement aux différentes phases du processus d’ÉIE. C’est pour-
quoi, pour assurer un succès aux expériences participatives en cours dans les
pays, certaines conditions, qui recoupent les bonnes pratiques antérieurement
proposées au niveau international, sont définies par nos collaborateurs. Ces
conditions peuvent être regroupées en huit points essentiels, à savoir 1) une
participation obligatoire à toutes les phases du processus d’ÉIE encadrée par
des procédures et des pratiques légalement établies et bien maîtrisées dont le
citoyen demeure l’instigateur, 2) l’indépendance de l’organisme gestionnaire,
3)
la transparence et la complétude du processus qui assure au public une
information préalable, compréhensible et adaptée, 4) une nécessaire implica-
tion de l’ensemble des acteurs du territoire dans leur diversité, 5) le dévelop-
pement d’aptitudes à l’appropriation des outils de collecte de données et de
participation par les populations, 6) une préparation adéquate des participants
aux dispositifs, 7) le rapprochement des dispositifs des destinataires et 8) la
promotion d’une collaboration continue entre tous les acteurs.
Pour viser l’amélioration de la participation, il convient de la réformer
au double plan des textes qui réglementent l’ÉIE et la participation publique,
d’une part, des institutions de sa mise en œuvre tant de leur statut que de leur
nature, d’autre part. Également, il s’avère nécessaire de travailler au renfor-
cement des capacités à partir, d’une part, des besoins importants de forma-
tion sur la connaissance des textes et des institutions, les procédures et les
démarches, la communication et la vulgarisation, la compréhension des enjeux
principaux, les méthodes et outils de l’ÉIE pour les secteurs prioritaires du
développement, la gestion des bases de données et, d’autre part, à partir des
compétences africaines qui pourraient partager leurs bonnes pratiques, leurs
outils, leurs dispositifs participatifs et leur expertise nationale.
Issues de la pratique, ces différentes pistes d’amélioration ouvrent de
nouvelles perspectives de collaboration entre les États africains et indo-océa-
niques et ceux de l’Amérique du Nord et de l’Europe qui détiennent une
expertise reconnue qui pourraient se matérialiser dans des créneaux formels
de
coaching
entre institutions sœurs et des programmes de formation com-
plétés par des stages professionnels en organismes. Elles offrent la possibilité
de coaliser autour de ces activités à pérenniser l’accompagnement et l’appui
des partenaires techniques et financiers qui interviennent déjà au niveau des
pays et qui ont joué divers rôles dans une démarche de sensibilisation.