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Crédit photo : J. Seghieri









Guiera senegalensis dans un champ de petit mil au Niger


Comment les parcs agroforestiers Le CIRAD (Peltier et al., 1995) estime, par exemple,
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contribuent au développement qu’en 5 ans, un paysan nigérien pourrait vendre plus de
agricole durable en même temps 100 000 FCFA de bois (de feu et de service). Cependant,
selon les lieux, les contextes et les essences utilisées, les
qu’à la lutte contre la dégradation impacts des essences agroforestières sur les cultures asso-
des terres ? ciées peuvent être favorables, en contribuant à l’augmen -
tation du rendement (facilitation), ou, au contraire, exercer
En quoi, aujourd’hui, l’agroforesterie constituerait-elle des effets dépressifs (compétition pour la lumière, l’eau
une des solutions à optimiser pour utiliser durablement et/ou certains nutriments). En même temps, les effets
les ressources naturelles limitées, préserver les zones de dépressifs peuvent s’avérer acceptables pour les producteurs
forêt tropicales et faire face au changement climatique et dans la mesure où il sont compensés par une diversification
à la globalisation des marchés ? La réponse est liée aux des productions qui leur octroie une plus grande rési-
services socio-écosystémiques que les parcs agrofo- lience face à la volatilité des prix des denrées sur les
restiers fournissent (Garrity et al. , 2010 , FAO, 2017 ). marchés, mais aussi en lien avec les autres services éco-
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Ils fournissent des services d’approvisionnement (gain systémiques. Les impacts bien connus des arbres sur leur
en nature ou revenus), d’une part directement à travers environnement à considérer au premier plan sont, en effet,
les produits forestiers ligneux et non ligneux (bois de feu les services de support et de régulation qu’ils four-
et de construction, fourrage, feuilles, fruits ou graines nissent. Parmi ceux-ci, on peut citer leur contribution à
comestibles, pharmacopée, onguents, litière, paillage, la production primaire, la biodiversité, la régulation du
etc.), d’autre part indirectement à travers leurs impacts sur régime hydrique (30 à 45 % des précipitations pourraient
la production et les rendements des cultures associées. être recyclées par la transpiration végétale dans un système
agroforestier bien géré, Ong & Leakey 1999 6 ) et le contrôle


3. Garrity, D. P., F. K. Akinnifesi, O. C. Ajayi, S. G. Weldesemayat, 5. Peltier R., Bertrand A., Lawali E.M., Madon G., Montagne P.,
J. G. Mowo, A. Kalinganire, M. Larwanou and J. Bayala, Marchés ruraux de bois énergie au Sahel, Bois et Forêts des
Evergreen Agriculture : a robust approach to sustainable food tropiques , vol. 245, 1995, pp. 75-89.
security in Africa, Food security, vol. 2(3), 2010, pp. 197-214. 6. Ong C. K., Leakey R. R. B., Why tree-crop interactions in
4. FAO, Agroforestry, 2017. http://www.fao.org/forestry/agrofo - agroforestry appear at odds with tree-grass interactions in tropical
re st r y/en /. savannahs, Agroforestry systems, vol. 45, 1999, pp. 109-129.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 93
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