Page 62 - La pandémie de la COVID-19
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Résilience du secteur de l’énergie à l’épreuve
de la pandémie de la COVID-19 au Burkina Faso
Assonsi SOMA Le Burkina Faso, à l’instar de tous les pays du monde, fait face à la pandémie
Assonsi Soma est docteur en géographie, de coronavirus, dont les premiers cas ont été décelés en mars 2020. Depuis
assistant au Département de géographie de l’application des mesures restrictives de confinement, de quarantaine, de
l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou couvre-feu et de distanciation sociale par le gouvernement, on assiste à un
et directeur des études spatiales et de ralentissement de la vie socio-économique et à une augmentation des besoins
l’aménagement du territoire au ministère sociaux des populations, notamment en énergie.
de l’Économie, des Finances et du Dévelop-
pement du Burkina Faso. L’accès aux services énergétiques est reconnu comme une composante essen-
Son champ de recherche : l’aménagement tielle et indispensable pour atteindre les objectifs de croissance accélérée et de
du territoire, l’environnement, l’analyse des développement durable, notamment l’ODD 7 qui appelle à un accès universel
vulnérabilités, la gestion des risques et la à l’énergie d’ici à 2030. En 2020, malgré l’engagement du gouvernement à
résilience des territoires et des populations, diversifier les sources de production d’énergie, le pays a un taux d’accès
les systèmes d’information géographique. national à l’électricité de 18,83 %, ce qui est loin de satisfaire les besoins des
populations (ministère de l’Énergie, 2020).
somaas78@yahoo.fr
Aussi, la pandémie de la COVID-19 est venue aggraver cette situation en accen-
tuant les inégalités existantes entre les populations urbaines et rurales, par
suite des mesures restrictives prises. Elle impacte aussi de nombreux secteurs
socio-économiques tels que les services de santé, les activités économiques et
les activités de production industrielle.
Dans le secteur de l’énergie, deux situations majeures sont constatées. D’une
part, une augmentation très sensible de la consommation d’électricité des
ménages du fait du confinement et, d’autre part, une baisse de la consom
mation énergétique des unités industrielles, des grandes entreprises, des
marchés et d’autres grands commerces, du fait de la quarantaine et de la
fermeture des frontières, cette dernière empêchant l’importation de produits
pétroliers pour leur approvisionnement. Les propos de A. K., chef d’un
ménage de 10 personnes, illustrent cette allégation.
« Avant le coronavirus, nous payions en moyenne 8 000 francs CFA (12,09 euros).
Mais depuis le confinement qui nous a condamnés à rester tout le temps à la maison,
la facture est passée à presque 16 000 francs CFA (24,18) le mois. Cela est dû
au fait qu’avec la chaleur des mois de mars et d’avril, on est obligé de mettre les
ventilateurs, la télévision et le réfrigérateur, presque 24 heures sur 24 ».
O. H., propriétaire d’une unité industrielle, quant à lui, note la baisse de
consommation d’électricité : « Du fait de l’arrêt des activités de mon entreprise
à cause des mesures restrictives, j’ai fait suspendre le paiement des unités
d’électricité cash power pour le fonctionnement des machines, alors que je
payais en moyenne 200 000 francs CFA (302,44 euros) par mois. »
62 LIAISON ÉNERGIE-FRANCOPHONIE

