Page 8 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_04

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d’abattis brûlis et d’y pratiquer l’agroforesterie, d’assister la régénération naturelle et
l’agropastoralisme sous parc arboré en milieu semi-aride et de pratiquer des cultures intercalaires
en couloirs dans les zones méditerranéennes et tempérées.
Toutefois, trois conditions doivent être réunies pour que ces alternatives soient adoptées. Elles se
résument à privilégier les formes d’agriculture paysanne, repenser la recherche agro-écologique
en intégrant davantage agriculture, élevage et forêts, et sécuriser l’accès au foncier pour les
paysans. C’est en effet un défi pour l’avenir de ne plus voir l’agriculteur comme un simple
exploitant des ressources de la terre, mais comme le gestionnaire d’un écosystème dont il
exploite l’ensemble des possibilités y compris forestières sans pour autant le simplifier outre
mesure. Cela signifie qu’il faut connaître mieux les moyens d’amplifier les bénéfices
écosystémiques par l’action humaine pour générer plus de rendement sur les terres déjà
défrichées et adapter les pratiques agroforestières de manière à générer plus de revenus à ceux
qui les pratiquent. Cela demande de réorienter les efforts de recherche agronomique pour
prendre en considération la complexité et les rendements multiples impliquant le travail humain
plutôt que la mécanisation ou l’artificialisation.
Une constante demeure, que ce soit pour la pratique d’une foresterie certifiée ou pour
l’intendance des écosystèmes agricoles ou forestiers gérés durablement, c’est que le marché
rémunère plus cher ceux qui contribuent à maintenir les fonctions des écosystèmes. C’est à cette
seule condition que les bonnes pratiques seront préférées à celles qui accordent un meilleur
rendement immédiat.
Soifs de profit des uns, pauvreté des autres, tragédie des communs et mépris à l’égard des
paysanneries, semblent bien être finalement à l’origine de la déforestation et de la surexploitation
des ressources forestières dans un grand nombre de régions du monde. La lutte contre celles-ci
n’aura donc de sens que couplée aux vastes défis de la crise alimentaire, de la lutte contre la
pauvreté et des inégalités sur notre planète.
Les études de cas de ce chapitre se regroupent en trois thèmes : le premier touche des projets
permettant d’assurer une valeur ajoutée à des produits forestiers non ligneux et de mieux
rémunérer les communautés en combinant des approches de traçabilité et de contrôle de la
qualité. Le second présente des transformations des pratiques forestières et agroforestières et
enfin, une étude de cas présente la valeur ajoutée pour le développement durable du matériau
bois.
Le professeur Zoubida Charrouf, de l’Université Mohammed V du Maroc, traite de la renaissance
de l’arganier. Cet arbre indigène des zones sèches et semi-désertiques produit des fruits dont les
noix peuvent donner une huile connue des cultures traditionnelles berbères. Le projet avait pour
objectif de sauvegarder l’arganeraie en informant les populations de la richesse de leur
patrimoine naturel, en les formant à sa protection et en leur apportant les moyens d’organiser la
production artisanale de l’huile puis d’en développer la commercialisation en commun. Ces