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Figure 11. Le tracé de la GMV simulant la largeur annoncée de 15 km
(image NASA Modis, traitement Claire Marais-Sicre, CESBIO)
Contexte
Les pays sahéliens ont été confrontés, au cours des dernières décennies, à une série de
sécheresses chroniques qui ont eu comme conséquence la destruction du couvert végétal avec
ses effets sur la protection des sols, le niveau de production forestière et animale, la conservation
de la diversité biologique, la dégradation des systèmes traditionnels de production, la crise
énergétique, l’appauvrissement des populations rurales et l’exode rural. La conjonction des
facteurs de dégradation naturelle et anthropique a ainsi engendré un phénomène de
surexploitation des terres marquée par des prélèvements incontrôlés des ressources ligneuses.
Le processus de dégradation des ressources naturelles s’est amplifié dans les pays du Sahel et
s’est accéléré sous l’effet combiné de plusieurs facteurs.
La récession climatique, les feux de brousse et la compétition des terrains agricoles sont sans
conteste parmi les causes du recul des formations forestières. Cependant, la pression exercée
par l’exploitation forestière pour l’approvisionnement en combustibles ligneux des agglomérations
urbaines est de plus en plus reconnue comme une cause majeure de dégradation des ressources
naturelles.
En effet, les ressources forestières sont constituées essentiellement de savanes arbustives et
arborées correspondant aux zones bioclimatiques des domaines sahéliens et soudaniens. Les
formations forestières naturelles fournissent aujourd’hui plus de 90 % de l’énergie consommée
par les ménages. La consommation domestique de bois et charbon de bois constitue un élément
important du phénomène de raréfaction des ressources ligneuses, faisant ainsi courir un risque
grave à l’environnement et compromettant à terme l’approvisionnement des ménages en énergie
de cuisson.