5-163
ciblées par le MRNF et répondant à certains critères de recherche puissent faire l’objet d’une
sélection aux fins d’éventuels travaux de plantation pour les besoins du projet. Les critères de
sélection de TD sont le fruit d’hypothèses de recherche posant un certain nombre de questions
pour lesquelles la littérature scientifique ne fournit pas ou peu de réponses satisfaisantes. À titre
d’exemple, des tests d’hypothèse portant sur le choix d’essences utilisées pour le boisement ou
des caractéristiques biophysiques particulières des TD à boiser (par ex. le type de dépôt de
surface) répondent à quelques-unes des premières questions derrière le projet Carbone boréal.
Ensuite, les travaux de plantation sont prévus par l’équipe de professionnels et de chercheurs de
Carbone boréal de façon à ce que les plantations compensatoires soient structurées en
dispositifs expérimentaux statistiquement robustes. Le MRNF transmet ensuite aux ingénieurs et
opérateurs les détails pertinents aux travaux de terrain (travail mécanique du sol, livraison des
plants forestiers, etc.) et la plantation des blocs expérimentaux peut enfin avoir lieu, sous la
supervision des professionnels et chercheurs de l’équipe de recherche, le plus souvent à faible
coût pour l’équipe du projet. Pour boucler la boucle du partenariat, des crédits compensatoires
sont ensuite mis en vente auprès du public à un coût établi à 4 $ (canadien) l’arbre planté, ce qui
correspond à 28 $ la tonne de CO
2
selon les estimations publiées par Gaboury et al. (2009) à la
base du projet, soit 0.140 tonne de CO
2
par arbre dans une plantation de 2000 épinettes noires
par hectare après 70 ans. Le programme Carbone boréal émet donc des crédits compensatoires
de type « ex ante » (CCMF 2009), puisque la compensation totale des émissions de GES pour
une activité a lieu sur une durée de 70 ans. Le choix de ce type de crédits compensatoires
permet au projet Carbone boréal d’accéder rapidement aux fonds que génère la vente de crédits,
sans avoir à attendre la réalisation et la vérification des absorptions nettes sur le terrain.
Toutefois, le projet a complété en 2011 une démarche de validation de son protocole de
quantification (Chair on eco-advising, 2012) – sous la supervision de l’Association canadienne de
normalisation (CSA) et en fonction de la norme ISO 14064-3 (ISO 2006b) – et le projet a fait
l’objet en 2012, avec succès, d’une première vérification de son affirmation d’absorption de CO
2
par une tierce partie compétente
15
, également en vertu de la norme ISO 14064-3.
Le contributeur doit établir au préalable le niveau nécessaire de compensation de gaz à effet de
serre en calculant les émissions reliées à l’activité visée (en tonne équivalent-CO
2
émis). La
plateforme internet de Carbone boréal (carboneboreal.uqac.ca) convertit ensuite ce calcul
d’émissions en nombre d’arbres à planter. La compensation est alors traitée telle une contribution
à la Campagne de développement de l’UQAC. La Campagne de développement de l’UQAC
verse les contributions à Carbone boréal directement dans le Fonds de développement de
l’UQAC, lesquelles sont ensuite entièrement mises à la disposition des chercheurs associés au
projet Carbone boréal, sauf pour 20 % des contributions qui est capitalisé dans le Fonds de
recherche de la Chaire en éco-conseil de l’UQAC pour que les intérêts alimentent de futures
bourses de recherche de maîtrise et de doctorat, dans le cadre des projets à long terme de
Carbone boréal.
15
Le rapport de vérification est accessible en ligne sur