Page 164 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_05

Basic HTML Version

5-162
d’un projet théorique de boisement sur TD (Gaboury et al. 2009) ont donc été menées afin
d’établir les premières bases de ce potentiel d’atténuation auquel pourrait correspondre le
boisement des TD en zone boréale canadienne. L’exercice de modélisation doublé d’une analyse
de cycle de vie (ACV) des émissions de GES, ont révélé un bilan net de 77 t C ha
-1
, 70 ans après
le boisement en épinettes noires d’un TD moyen, soit un taux moyen de 1.1 t C ou 4.0 t CO
2
ha
-1
an
-1
(Gaboury et al. 2009). Ce résultat est ainsi devenu la base de l’affirmation de séquestration
nette de C derrière le programme de compensation Carbone boréal.
Le projet Carbone boréal
Le projet Carbone boréal est né de la conjoncture de trois événements. D’abord, des travaux de
recherche ont mis en évidence un potentiel significatif de création de puits de carbone forestier en
zone boréale permettant l’atténuation de GES (Gaboury et al. 2009), potentiel jusque-là inconnu
de la communauté scientifique. D’autre part, l’avènement des marchés du carbone en Amérique
du Nord – d’abord essentiellement volontaire, puis volontaire de façon parallèle à des marchés
régionaux réglementés tel que le Western Climate Initiative – a créé une demande grandissante
vers des projets de compensation de GES conformes aux normes internationales et aux
meilleures lignes directrices reconnues en matière de crédits compensatoires (Ecosystem
Marketplace 2011). Le troisième événement est le constat d’un besoin de ressources (humaines
et financières) pour la recherche et le développement dédiés à un nouveau créneau, celui des
puits de carbone par le boisement de TD boréaux, ainsi que d’un besoin d’exemplarité ou de
démonstration à court et long terme de la mise en œuvre de ce créneau, sous forme de projets-
pilotes. Cette R&D et ses projets-pilotes associés allaient permettre de mieux cerner et
d’optimiser ce potentiel d’atténuation de GES pour répondre à des questions pressantes, tout en
profitant aux générations futures de chercheurs et de décideurs.
Cette conjoncture a ainsi mis la table en 2008 à un partenariat nouveau genre grâce auquel des
chercheurs universitaires et des gestionnaires gouvernementaux ont uni leurs forces pour donner
naissance à ce projet. Le projet Carbone boréal est donc le résultat d’une aventure conjointe
entre des chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) – membres de la Chaire de
recherche et d’intervention en éco-conseil ou du Consortium de recherche sur la forêt boréale
commerciale – et les gestionnaires régionaux (Saguenay – Lac St-Jean) du Ministère des
Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) intendants de la forêt publique québécoise dans
laquelle le projet prenait forme. Pour prendre son envol et livrer ses promesses, le projet Carbone
boréal devait s’allier d’un troisième partenaire : le public et sa volonté de compensation
d’émissions de GES. C’est ainsi que Carbone boréal est à la fois un projet de recherche sur le
créneau des puits de carbone forestier en zone boréale ET un programme de compensation
d’émissions de GES par le boisement de TD boréaux.
Le fonctionnement du programme de compensation Carbone boréal comprend grosso modo trois
étapes. Le MRNF transmet annuellement aux responsables du projet les superficies prévues
dans son plan annuel d’intervention sylvicole, de façon à ce que des TD proches des zones