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Conclusion
Le programme de gestion communautaire initié depuis 2006 à la FMTE a permis d’impliquer les
populations locales dans le processus de classement de cette forêt en réserve communautaire.
Cette implication a été rendue possible grâce aux campagnes de sensibilisation que nous avons
menées dans les villages environnant la forêt et qui ont un impact direct sur celle-ci. La présente
étude a permis d’une part d’évaluer le niveau de perception des enjeux de la conservation de la
FMTE par les populations et d’autre part, évaluer les attitudes de ces populations envers les
primates. Le fait d’informer toutes les populations locales, quelle que soit leur couche sociale ou
leur origine, constitue une avancée dans la politique de conservation mise en place, car tout
projet n’intégrant pas les intérêts particuliers de l’ensemble des acteurs agissant sur un territoire
risque de voir ses efforts de protection et de conservation de la biodiversité réduits à néant
(Codjia & Assogbadjo, 2004 ; Harcourt
et al.
, 1986).
Au niveau de la perception des enjeux de la conservation par les populations locales les
villageois ont de plus conscience du fait que la FMTE est le dernier refuge pour bon nombre de
représentants de la faune originelle de la région, en particulier les primates. De plus, le niveau de
connaissance des villageois sur le colobe bai de Miss Waldron, le cercopithèque diane roloway et
le cercocèbe couronné a été renforcé ainsi que leur connaissance sur le statut de conservation
de ces singes.
En ce qui concerne les attitudes des populations, les trois singes à souci de conservation ont
certes déjà été consommés par nos enquêtés, mais ne constituent pas une préférence majeure
en terme de viande de brousse. Une bonne frange des enquêtés refuserait de consommer les
singes si on leur en offrait. Parmi les causes du refus, le « besoin de conservation » a été de plus
en plus évoqué, au fil des évaluations.
Malgré ces résultats positifs, il ne faut pas occulter le fait qu’il demeure toujours des personnes
qui n’ont sans doute pas encore bien appréhendé les enjeux de la conservation. Le nombre
relativement élevé des personnes qui accepteraient encore de consommer la viande de singes
s’ils en avaient l’occasion révèle la nécessité de poursuivre les campagnes de communication
pour le changement des comportements en adoptant des approches innovantes.