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l’utilisation durable des ressources naturelles et le partage juste et équitable des avantages
découlant de leur exploitation.
Ces réflexions ont permis à la communauté internationale de reconnaître que son développement
et sa survie dépendent de sa capacité à mieux gérer l’ensemble des ressources disponibles. Cela
suppose une nécessaire adaptation de la conception et de la réalisation des programmes, des
projets et des actions de développement aux contraintes et possibilités que peut offrir la nature
aux activités humaines. Ainsi naquit dès 1971 la notion de développement durable, qui est
aujourd’hui appréhendée comme un processus de développement respectueux de
l’environnement et assurant un meilleur équilibre dans les relations espace-société grâce à une
symbiose appropriée des dimensions biophysique, humaine, socio-économique et institutionnelle.
Décentralisation et participation
L’émergence du concept de gestion durable des forêts a permis d’étendre la portée de la gestion
classique des forêts, jusque-là confinée aux seules essences ligneuses commerciales, vers
d’autres produits et services de la forêt (Wang, 2004 ; Berlyn et Asthon, 1996 ; Barrette et al,
1996 ; Wiersum, 1995). Cette dernière est ainsi considérée comme un milieu offrant une
multitude de services aux populations et à l’environnement. Ce changement de paradigme invite
à tenir compte de la multiplicité des fonctions de la forêt et des usages et intérêts des acteurs
impliqués pour réaliser la gestion durable des forêts. Dans cette perspective, la participation des
acteurs est devenue une dimension essentielle de la mise en œuvre de ce concept. Cette
participation des acteurs est facilitée par la décentralisation de la gestion forestière. Plusieurs
études ont souligné les vertus de la décentralisation considérée comme un moyen de donner aux
populations locales plus de droits sur les ressources (Anderson et al. 2006), comme un
processus de redistribution du pouvoir, des ressources et des facilités administratives et à divers
paliers de gouvernements et des communautés (Agrawal et Ostrom, 2001, Agrawal et Ribot,
1999), comme un processus essentiel pour la réduction de la pauvreté (Steiner, 2007) ou encore
comme une réforme visant à améliorer la participation des populations pour une gouvernance
locale efficace et équitable (Ribot, 2003).
La participation effective de tous les acteurs est l’un des piliers essentiels pour amorcer le
développement durable. Il s’agit de faire en sorte que tous les acteurs soient partie prenante dans
la gestion des ressources naturelles, en particulier les ressources forestières, afin de permettre
aux communautés à la base de prendre leurs propres ressources en main et de donner à tous la
possibilité de s’exprimer librement dans le cadre d’une bonne gouvernance. Cette dernière est
définie comme un ensemble de règles et de mécanismes de renforcement ainsi que des
processus interactifs qui régulent les activités des acteurs vers une finalité concertée (Huppert et
al. 2001). Elle est aussi considérée comme l’établissement de processus, de règles et de
structures partagés de gestion, autant informels que formels, qui facilitent la coordination, la
préoccupation et la complémentarité entre les gouvernements et les organisations d’un même
domaine (Carrière et Lequin, 2008).