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l’apport des autres partenaires en écoutant attentivement chacun d’entre eux et en manifestant
clairement leur compréhension des messages véhiculés en utilisant la technique de la reformulation
« Si j’ai bien compris, vous dites que... ». Un partenaire est écouté dans la mesure où il peut
écouter l’autre; il est respecté dans la mesure où il respecte l’autre…
Sans une communication de qualité entre les partenaires, il est difficile de favoriser un partage en
toute transparence des informations nécessaires pour trouver des solutions procurant un bénéfice
mutuel qui tiennent compte de leurs intérêts communs et divergents.
3) L’équilibre entre la raison et la passion
C’est une évidence, parfois minimisée, que de souligner que les partenaires d’un projet partagé
sont avant tout des personnes, pourvues à la fois de raison et d’émotions. Par exemple, dans le
feu de l’action, certains partenaires refoulent leurs émotions et quittent la rencontre avec rancune
ou amertume. D’autres passent à l’action et laissent libre cours à leurs émotions; leurs paroles
peuvent parfois dépasser leur pensée… C’est pourquoi nous reconnaissons que les émotions ont
droit de cité dans une démarche concertée. Avant tout, il est important de reconnaître et
comprendre ses propres sentiments et ceux des autres. Lorsque les enjeux, les problèmes et les
conflits à résoudre sont complexes, ce qui est ressenti entre les partenaires est parfois plus
important que ce qui est dit.
Si les partenaires laissent la situation se détériorer, nous assistons à une escalade de sentiments
qui s’accompagne souvent d’attaques personnelles et qui risque de personnaliser le débat. Ce
type d’affrontement interpersonnel laisse inévitablement des séquelles dans la relation de
confiance et de coopération. Pour maintenir un équilibre entre la raison et la passion, les
partenaires, aidés par la présence d’un gardien ou animateur des processus de concertation,
doivent prendre le temps de traiter la situation émotive.
Pourquoi introduire le rôle d’un gardien de processus? La progression d’un projet partagé
comporte plusieurs rencontres d’interaction face à face entre des partenaires pour assurer une
évolution optimale des deux processus de la relation de coopération et de résolution de
problèmes/conflits. Cependant, lors de ces réunions, les partenaires veulent avant tout faire
progresser le « contenu » des échanges pour atteindre des résultats tangibles en implantant les
actions de changement souhaitées dans la poursuite de leur projet partagé. Étant centrés surtout
sur le « contenu » d’un projet, ils peuvent difficilement se préoccuper des « processus »
favorisant une qualité d’interaction.
C’est pourquoi un gardien (ou un animateur) des deux processus de concertation est une
condition de réussite du projet. Il assure, par l’utilisation de techniques d’animation, le maintien
d’un climat de coopération où dominent la confiance, la transparence, une qualité de
communication et le respect mutuel. De plus, il aide l’équipe à suivre rigoureusement les
différentes phases de réalisation d’un projet partagé que nous décrivons dans la partie suivante.