Chapitre 4 – Les services d’approvisionnement
P o i n t s d e r e p è r e
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biais des visiteurs extérieurs, des membres de leur famille ayant quitté le vil-
lage et par le développement des moyens de communication. Les mentalités
changent, les nouvelles générations voient le développement des infrastruc-
tures et des cultures de rente comme un moyen de sortir de leur isolement
et d’atteindre un idéal de modernité, diffusé par la télévision et la radio. La
conservation de l’environnement, des forêts et des agroforêts préoccupe bien
moins les populations locales que le développement économique.
Préserver les agroforêts, pour louable que soit l’idée, signifie également soit
de maintenir sciemment des populations à un niveau de vie bas en les coupant
des opportunités d’intensification, soit les payer (REDD, PSE) afin qu’elles
maintiennent des pratiques peu productives tout en améliorant leur niveau de
vie. Les populations rurales et forestières ne rêvent pas de rester isolées dans
un environnement naturel, ni de maintenir à tout prix leurs coutumes et modes
de vie.
Les ressources financières dégagées par la dynamique REDD pourraient
servir à détourner les populations rurales de l’agriculture, en développant
des opportunités d’emploi non agricoles et en promouvant l’éducation des
enfants d’agriculteurs.
Deux modèles de développement se présentent, soit l’intensification des
zones de culture les plus fertiles et la préservation des zones plus marginales
au profit de la conservation de la biodiversité, du stockage du carbone et du
maintien de l’ensemble des services écosystémiques de ces espaces, ou encore
la production des services écosystémiques par des systèmes agroforestiers.
Les agroforêts sont moins productives que les monocultures et moins effi-
caces que les forêts en ce qui concerne la conservation de la biodiversité et le
stockage du carbone. Pour répondre aux besoins globaux à venir, les surfaces
en systèmes agroforestiers devraient être fortement augmentées.
Un modèle intermédiaire peut être envisagé, combinant des systèmes de
monoculture très productifs à des forêts et des agroforêts dont la principale
fonction ne serait pas la production agricole, mais la production de services
écosystémiques.
Le soutien à une urbanisation riche en emplois, mais durable doit accom-
pagner cette transition agraire. Il s’agit donc de relever le défi d’un aménage-
ment du territoire pour produire mieux, préserver les ressources et améliorer
les conditions de vie de la population.
La dernière étude de cas traite d’une réussite liée à la prise en mains par
une région d’Autriche de ses ressources forestières à travers le développement
de l’ensemble de la filière bois. Ce développement a permis au Voralberg de
passer en une génération du rang de région la plus pauvre d’Autriche à la plus