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Chapitre 5 – Gouvernance : l’arbre qui cache la forêt
P o i n t s d e r e p è r e
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réduite grâce à une plus grande solidarité de proximité. On assiste ainsi à une
remise en cause des approches scientifiques d’une vision essentiellement natu-
raliste de la conservation et à une prise en considération de l’économie et des
sociétés, mais aussi d’une vision étatique et centralisatrice vers la reconnaissance
du rôle des populations locales. Aux « trois piliers » du développement durable
s’ajoute donc une idée forte : celle de la participation de l’ensemble des parties
prenantes impliquées dans la mise en œuvre des politiques, ceci avec l’objectif
d’inclure la société civile au sens large notamment les populations locales.
La bonne gouvernance des ressources naturelles se réfère donc à la parti-
cipation des populations locales dans les décisions et la gestion des ressources
naturelles qu’ils utilisent d’une manière durable et en partenariat avec d’autres
acteurs (gouvernement, secteur privé, ONG…). Le type d’arrangement peut
varier, mais doit être équitable, transparent et basé sur une responsabilisation
mutuelle, suivant les principes de bonne gouvernance. Une législation avec
des procédures claires et transparentes est nécessaire. Les institutions gérées
localement doivent être accompagnées par des lois appropriées, des droits de
propriété, d’accès et d’usage ainsi que les responsabilités de gestion et une par-
ticipation orientée vers une planification et des prises de décision clairement
définis.
En réalité, il est possible d’exploiter les biens et services de façon durable
uniquement si la capacité de reproduction du système et du stock n’est pas en
danger. Il faut donc pour ceci reconnaitre la priorité du pôle écologique sur
les pôles sociaux et économiques. En effet, assurer l’existence d’une ressource
renouvelable constitue la garantie qu’il sera possible de continuer à obtenir les
biens et les services maintenant et dans le futur. C’est seulement une fois que
la capacité de renouvellement des ressources est garantie par des régulations
strictes que l’usage qui est fait des prélèvements doit être conçu selon une
pondération, selon les situations des trois pôles de la durabilité (régulation des
usages selon le principe de l’efficacité économique, de la solidarité sociale et
de la responsabilité écologique).
Le cadre institutionnel influencera sur le type de relations homme-nature
à travers de multiples droits et devoirs relatifs à l’accès, à l’usage et à l’ex-
ploitation des ressources naturelles. Le type d’arrangement choisi va donc
influencer sur la durabilité de la ressource.
En effet, l’absence de régulation des comportements des acteurs-utilisa-
teurs à travers une description des droits d’usage à travers des arrangements
institutionnels (une politique publique et/ou des droits définis dans un sys-
tème de régulation), implique un risque de comportement individualiste et
stratégique qui peut amener à la surexploitation de la ressource voire à sa
disparition.