Forêts et humains : une communauté de destins
P o i n t s d e r e p è r e
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pouvait observer que dans les plantations protégées, des essences feuillues
(préférées par les usagers) se régénéraient et que les villageois encourageaient
la croissance d’arbres utiles en marge de leurs parcelles agricoles.
Le Plan national quinquennal de 1985 incorporait le fruit de ces réflexions
qui précisait que le premier objectif pour le secteur forestier «
est de satisfaire
les besoins quotidiens de la population en produits forestiers…
» ce qui sera réalisé, en
partie «
…par le transfert de forêts étatiques à la communauté »
. En 1987, le travail
d’élaboration d’un Plan directeur pour le secteur forestier commença.
Le Plan fut approuvé en 1990 et donnait les lignes directrices pour 25 ans,
mettant la priorité pour un programme de foresterie communautaire. L’étude
analyse sur vingt ans un projet de foresterie communautaire mis en place en
1991 qui a apporté d’excellents résultats malgré un conflit armé de 1996 à
2008.
Parmi les résultats positifs, il est heureux de constater que l’intense appui
pour le renforcement des capacités des femmes (qui sont responsables de la
collecte de la majorité des produits forestiers) et d’autres groupes défavorisés
a mené à une augmentation au fil des années de leur représentation dans les
comités des Groupes Communautaires d’Usage Forestier (GCUF). On a aussi
noté une amélioration de la qualité et de la superficie des forêts dont le volume
prélevé correspond à 50% de l’accroissement naturel et de multiples bénéfices
économiques locaux résultant d’une augmentation de la portion de la foresterie
dans le PIB. Parmi les points positifs, on note aussi que 76% des GCUF ont
des provisions spéciales pour les pauvres, 84% des foyers extrêmement pauvres
estiment que leurs moyens d’existence se sont améliorés avec le développement
de la foresterie communautaire, 40% des revenus des GCUF ont été investis
en infrastructures communautaires et dans le salaire d’enseignants. Le projet a
aussi permis de générer des bourses d’études à divers niveaux y compris pour les
femmes et les plus démunis permettant le renforcement des capacités (60% des
aides du DDC). Enfin, on note une amélioration de la perception du personnel
des services forestiers par la population. Il faut cependant noter qu’en raison du
conflit armé qui a sévi pendant la majeure partie de la période de référence et
de la migration des hommes pour aller travailler à l’étranger, plusieurs facteurs
sociaux concomitants peuvent brouiller les cartes.
Néanmoins, le projet a contribué à l’évolution du cadre légal en faveur
de la foresterie communautaire et sur base de ses expériences concrètes de
terrain qui ont été régulièrement documentées et divulguées. De nombreuses
leçons ont été apprises pour générer et accompagner des projets de fores-
terie communautaire, mais
le projet n’a pu avoir que très peu d’influence sur
l’amélioration des marges obtenues par les GCUF, qui sont largement contrô-
lées par les cartels d’acteurs hors district qui servent d’intermédiaires vers les
marchés. Sans une amélioration importante de la répartition des marges de