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Chapitre 5 – Gouvernance : l’arbre qui cache la forêt
P o i n t s d e r e p è r e
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niveau de l’accès aux ressources et à leurs retombées, du renforcement des
capacités de gestion et de prise en considération des catégories sociales vul-
nérables. Par exemple, les communautés reçoivent une partie des redevances
versées par les exploitants forestiers et les organisateurs de chasse sportive et
ont accès au partage de la viande. Des activités de renforcement des capacités,
de formation et des microprojets souhaités par les communautés ont ainsi pu
être financés tout comme des inventaires et suivis de la faune. Cela a permis
un rapprochement de la population et des agents forestiers.
Malheureusement, cette démarche n’a pas suffi à réduire la pression
exercée sur les populations animales pour plusieurs raisons incluant la cor-
ruption des autorités, l’incapacité des populations locales d’empêcher l’accès
au territoire à des migrants et l’extrême faiblesse des systèmes de sanctions
sociales.
Les constats et les analyses dégagés permettent de dire que la lutte contre
la corruption et l’impunité, tant au niveau local qu’à l’échelle nationale, le
renforcement des capacités techniques des communautés, l’octroi d’une partie
des incitations à titre individuel aux ménages pour la satisfaction des besoins
vitaux à court terme, l’existence de cadres normatifs stables, moins ambigus
et construits « par le bas » font partie des leviers importants dans la promotion
d’une gestion communautaire et équitable des ressources naturelles.
La réussite des initiatives de dévolution de responsabilité aux ayants droit
locaux véritablement motivés par l’octroi et la sécurisation des droits d’accès
et d’utilisation ainsi que l’équité dans la redistribution des ressources est aussi
conditionnée par l’existence d’entités et d’arrangements locaux qui tiennent
compte de la configuration des institutions et pratiques sociales tradition-
nelles. Compte tenu de la lenteur des processus sociaux, les actions d’accom-
pagnement de la mise en place et de la consolidation de ces entités et autres
arrangements doivent absolument s’inscrire dans le moyen et long terme.
Par ailleurs, les systèmes d’accompagnement, tel qu’ils sont montés
actuellement dans la plupart des initiatives, semblent aussi inadéquats dans la
mesure où, leurs coûts exorbitants ne garantissent pas leur durabilité.
Patrick Robinson du Programme de foresterie communautaire Suisse-
Népal trace dans son étude de cas le résultat d’une initiative de gestion com-
munautaire de la forêt au Népal. Ce projet a été mené dans une zone rurale du
Népal, où la gestion forestière était déficiente en raison d’une mauvaise stra-
tégie excluant les populations locales. Il fut convenu de changer d’approche
lorsqu’il est devenu évident que cette stratégie d’afforestation protectionniste
apportait peu d’avantages pour la population rurale, était coûteuse et ne per-
mettait pas la mise en valeur durable de la forêt existante. En revanche, on