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Forêts et humains : une communauté de destins
P o i n t s d e r e p è r e
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sa surface, alors que dans la zone intertropicale, tant la superficie que la qualité
des forêts diminuent à un rythme alarmant. Cela se produit tant dans les forêts
tropicales humides que dans les zones plus sèches, essentiellement en raison de
l’augmentation de la demande pour des terres agricoles ou pour le bois de feu.
Cette dernière demande est directement motivée par la croissance des besoins
de populations pauvres, mais le phénomène dans son ensemble est complexe et
motivé aussi par la demande toujours accrue de l’économie mondiale pour des
ressources et pour des produits agricoles.
Retour sur les bénéfices tangibles et intangibles
liés aux forêts.
Les écosystèmes forestiers exercent à l’échelle locale et globale des
fonctions qui leur permettent de rendre de multiples services à l’humanité au
rang desquels se comptent des services d’approvisionnement, des services de
régulation et des services culturels et spirituels. La perte et la dégradation sont
aggravées par le fait que seul le premier type de services est pris en considé-
ration par l’économie, les autres étant largement ignorés, bien qu’essentiels.
Malgré la croyance populaire, la forêt ne joue pas un rôle significatif dans
la régulation de la quantité d’oxygène sur la planète. En revanche, sans les
autres services, en particulier l’absorption du dioxyde de carbone, le réservoir
de biodiversité, la régulation du cycle de l’eau à l’échelle locale et régionale, la
protection contre l’érosion et la fertilité des sols, il est probable qu’une por-
tion très importante de l’humanité serait éliminée, qu’elle vive en forêt ou non.
L’économie verte est un terme dont le sens, d’abord appliqué aux acti-
vités économiques ayant pour objet la gestion, l’amélioration ou la conserva-
tion de l’environnement
sensu stricto
, a été élargi par le PNUE pour couvrir le
champ du développement durable en devenant  : «
une économie qui entraîne une
amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en réduisant de manière signifi-
cative les risques environnementaux et la pénurie de ressources. ».
Cette nouvelle définition ouvre dans le domaine de la forêt de multiples
perspectives. D’abord parce que les populations les plus pauvres sont celles
qui dépendent directement de la forêt pour les terres ou pour le bois de feu,
ce qui interpelle directement la première fonction de l’économie verte : amé-
liorer le bien-être humain; ensuite, parce que la forêt, si on sait la maintenir en
santé, réduit significativement les risques environnementaux par ses fonctions
régulatrices et protectrices; enfin, parce que la forêt est un énorme réservoir
de ressources renouvelables dont les économies tant des pays développés que
des pays en développement ne peuvent se passer. Maintenir une forêt en santé
est donc un devoir d’équité intergénérationnelle.