Forêts et humains : une communauté de destins
P o i n t s d e r e p è r e
72
conditionnel au maintien des fonctions des forêts, qu’elles soient liées à des
services d’approvisionnement, de régulation ou culturels. Ces transferts de
richesses devront être suffisants pour permettre aux fiduciaires des forêts de
trouver une raison économique de protéger les forêts et de les utiliser durable-
ment. Outre les paiements pour services écosystémiques, dont le REDD+ est
le plus avancé, une plus-value accordée aux produits certifiés peut permettre
d’intégrer aux termes de l’échange économique la valeur des efforts consentis
pour maintenir en état ou améliorer les fonctions des forêts. Inversement, la
perte des services écosystémiques occasionnée par l’agriculture industrielle,
l’activité minière et autres perturbations anthropiques à vocation économique
devrait être payée par les promoteurs sur une base annuelle et les fonds consa-
crés à des actions de compensation pour la réhabilitation de ces fonctions
dans des écosystèmes dégradés.
L’économie, si elle se veut verte, doit prioritairement viser à combattre
les différentes dynamiques de dépossession des populations dépendant direc-
tement de la forêt et en permettant la préservation des savoirs et savoir-faire
uniques dont ces populations restent les derniers dépositaires.
La rencontre de ces objectifs par l’économie verte repose sur plusieurs
conditions :
• L’intégration des forêts dans les priorités nationales se traduisant par
la formulation et la mise en œuvre effective de politiques publiques
et d’un cadre institutionnel encourageant une gestion durable et équi-
table basée sur des données scientifiques et vernaculaires pertinentes
et sur une planification rigoureuse des actions tenant bien compte des
différents niveaux de responsabilité selon le principe de subsidiarité;
• La reconnaissance des droits et le renforcement des capacités des
populations vivant directement des forêts pour qu’elles puissent
prendre part à un dialogue et à des actions conjointes multi-acteurs
et multisectoriels dans la conduite de ces processus visant la sécurité
économique et physique des populations et la possibilité de l’exercice
de leur libre arbitre dans une cogestion des territoires forestiers;
• La prise en considération, dans la planification budgétaire, des activités
nécessaires à une gestion cohérente et équitable des multiples ressources
issues de la forêt incluant l’éducation, la formation et l’application des
lois et règlements;