La gouvernance du développement durable dans la Francophonie
P o i n t s d e r e p è r e
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Le croisement d’autres indicateurs a aussi été effectué. On peut constater
qu’en général, les pays ayant le moins bon IDH présentent aussi un taux d’ac-
croissement de leur population et un coefficient de Gini élevé, ce qui signifie
une plus grande inégalité économique entre les riches et les pauvres. Le lien
entre les émissions de gaz à effet de serre et le PIB est aussi assez clair.
Les fiches des États regroupées à l’Annexe 1 ont été construites pour ras-
sembler l’information permettant de décrire l’état de la gouvernance du dévelop-
pement durable. L’information y a été classée selon six rubriques et vingt-neuf
sous-rubriques basées sur le cadre d’évaluation de l’état de la gouvernance du
DD, recommandé par l’ONU, l’OIF et l’OCDE.
L’analyse des fiches révèle que :
• les États et Gouvernements membres de la Francophonie abordent
le DD de différentes façons : certains l’ont inscrit dans la loi ou
l’ont intégré à leur Constitution, certains ont des stratégies formelles
telles qu’une stratégie nationale de développement durable (SNDD),
d’autres ont des stratégies sectorielles comme les stratégies de réduc-
tion de la pauvreté (SRP). Les gestionnaires ont donc à leur disposition
une panoplie d’outils potentiels plus ou moins adaptés ou appropriés.
• Dans bien des pays, la démarche est formellement appuyée par les plus
hautes autorités de l’État, une approche qui favorise l’engagement à
long terme de toutes les couches de la société et de tous les ministères.
• Parmi les approches documentées, l’intégration des principes de DD
dans la Constitution ou dans la législation nationale semble une voie
qui favorise l’implication du gouvernement et de la population à travers
toutes les parties prenantes.
• Même si l’on constate un effort d’intégration des différentes dimen-
sions du DD dans la stratégie d’implantation, la coordination de la
démarche de DD est assez souvent confiée au ministre responsable
de l’environnement, ce qui reflète que le DD est encore trop souvent
perçu comme une écologisation des pratiques administratives plutôt
qu’une prise en compte effective des dimensions sociale, économique,
environnementale, et culturelle du DD dans la prise de décision.
• Un manque d’arrimage est constaté entre la planification stratégique
du DD et le processus de planification budgétaire national. Certains
États ont des budgets spécifiques consacrés au DD, mais d’autres ont
choisi plutôt de financer la démarche à travers le budget national habi-
tuel, ce qui semble une pratique gagnante et une voie d’avenir.
• Le financement des stratégies de DD de la majorité des pays en déve-
loppement dépend pour une bonne part de l’aide internationale.
Celle-ci devrait être assujettie aux objectifs nationaux de DD, ce qui
est loin d’être le cas des pratiques actuelles des bailleurs de fonds.