La participation publique dans l’évaluation environnementale en Afrique francophone
P o i n t s d e r e p è r e
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Malgré que chacun reconnaisse l’importance du renforcement des
capacités pour la réussite de l’institutionnalisation de l’évaluation environne-
mentale, nos collaborateurs, notamment ceux du Congo, du Gabon, de la
Guinée et du Mali, ont souligné l’absence de formation propre à la parti-
cipation publique. Cette situation est sans doute due au fait que la forma-
tion en participation se confond avec celle qui, de façon générale, touche
la procédure d’évaluation d’impact. Le contenu de ces formations inclut en
effet généralement 1) la connaissance des lois, des règlements et des institu-
tions, 2) le processus technique d’évaluation des impacts, 3) les étapes de la
procédure d’ÉIE, 4) l’élaboration des plans de gestion environnementale et
sociale, 5) l’audit environnemental, 6) la participation et la communication
dans l’évaluation environnementale ainsi que 7) les rôles et responsabilités des
acteurs dans le processus.
Diverses formations ont eu lieu dans le but de former une élite capable de
donner une couleur locale à une démarche nouvelle, devenue une condition à
l’aide internationale au développement dont les pays sont fortement dépen-
dants. Leurs responsables ou leurs instigateurs sont les unités nationales de
gestion de l’environnement, les ministères, les associations professionnelles
nationales et régionales, les projets et les programmes, les agences de coopéra-
tion internationale, les institutions bancaires régionales et les institutions d’in-
tégration sous-régionale. Ils favorisent la tenue d’ateliers, séminaires, tables
rondes et réunions de sensibilisation qui font appel, notamment, au théâtre
communautaire et aux émissions thématiques radiodiffusées et télévisées.
Les bénéficiaires de ces formations varient selon les objectifs visés par les
organisateurs. En ont bénéficié à un moment ou à un autre les organisations
non gouvernementales spécialisées dans les questions d’environnement, les
organisations de la société civile, les bureaux d’études, les cadres techniques
des ministères, incluant ceux porteurs de projets, les élus locaux, les commu-
nautés villageoises, les universitaires et les experts nationaux, les journalistes,
les opérateurs économiques, les autorités départementales ou régionales
(
autorités déconcentrées) ainsi que les parlementaires et les représentants des
structures privées.
Afin de favoriser la participation des groupes vulnérables (jeunes, per-
sonnes âgées, personnes handicapées, femmes), le Bénin, la Côte d’Ivoire,
Madagascar, la Mauritanie, le Sénégal et le Tchad appliquent des mesures par-
ticulières. Selon les États et les situations, ces dispositions touchent à la prise
en charge des frais de transport et de restauration, à la mise à disposition de
textes réglementaires et de divers outils, au soutien matériel et financier à la
collecte et à la diffusion de l’information ainsi que la réalisation des travaux
de suivi technique et participatif, à la mise en place de microfinancements et
de subventions au profit des jeunes, des femmes et des groupes vulnérables.