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La deuxième étude de cas est celle de madame Carole Robert, de la fondation BDA du Canada.
Cette fondation vise à aider les populations forestières en Afrique tropicale à tirer un maximum de
valeur de l’exploitation durable de produits forestiers non ligneux pour le commerce mondial des
plantes à valeur ajoutée (PVA). Même si ce projet en est à ses premiers pas, il est fort prometteur
et illustre bien l’idée qu’on peut aider les populations pauvres en les amenant à participer au
marché mondial pour certains produits à haute valeur ajoutée plutôt qu’en leur distribuant de
l’aide directe sans contrepartie («
trade not aid
»).
Le marché international des plantes à valeur ajoutée a vu apparaître de nouvelles perspectives
de développement grâce à l’arrivée simultanée en janvier 2004, de nouveaux textes
règlementaires internationaux. Ce contexte permet l’arrivée sur les marchés de produits de santé
et des médicaments d’ordonnance à base de plantes médicinales offrant une alternative à haute
valeur ajoutée notamment aux pipelines traditionnels de médicaments synthétiques. La part de
l’Afrique et de l’Afrique subsaharienne en particulier est marginale sur ce marché mondial en
explosion. La principale explication à cette situation défavorable est l’absence chez les
producteurs africains de maîtrise des notions d’assurance et de contrôle de la qualité pour la
production, la récolte et le conditionnement des plantes, ce qui amène les acheteurs
internationaux à écarter ces produits qui ne répondent pas aux exigences sanitaires et
règlementaires essentielles pour l’obtention des autorisations de mise en marché. BDA, par son
projet, veut permettre à l’Afrique de rattraper ce retard en créant des entreprises africaines
capables de prendre part à ce marché existant et conséquemment d’assurer à ses populations
rurales de nouvelles opportunités de développement économique, social et environnemental.
Le projet consiste à former des « écopreneurs », c’est à dire des entrepreneurs africains capables
de satisfaire aux standards de qualité établis par l’OMS relatifs à la culture et à la récolte des PVA
pour les industries nutraceutiques, cosmétiques et pharmaceutiques internationales, dans une
perspective de développement durable. L’éradication de la pauvreté, le respect de
l’environnement, la gestion durable des ressources et la biodiversité sont au cœur de
l’engagement de l’organisation. La formation des écopreneurs se fait sur une période de trois ans
et s’accompagne d’une certification, de la création d’un centre de conditionnement des plantes à
valeur ajoutée fonctionnel, rentable et durable respectant les normes internationales de l’OMS et
de la sensibilisation des populations locales, des partenaires locaux et des autorités locales
régionales et nationales à la protection de l’environnement et de sa biodiversité dans une
perspective de développement économique.
Certaines des espèces ligneuses avec lesquelles travaillent les écopreneurs peuvent être
domestiquées et cultivées, ce qui aura un impact sur l’afforestation de terrains dénudés. D’autres
nécessitent un environnement forestier complet pour atteindre des concentrations satisfaisantes
en principes actifs.