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Tableau 10. Potentiel de mesures réalisables dans le secteur forestier en fonction des coûts
(traduit de Nabuurs et al. 2007)
Compte tenu des particularités biogéographiques et politiques de chaque pays, les potentiels de
réduction et d’atténuation que recèlent chacun des trois grands types de mesures dans le secteur
UTCATF (boisement/reboisement, réduction de la déforestation, aménagement forestier) varient
beaucoup à l’échelle internationale (Nabuurs et al. 2007). En Amérique du Nord, si la contribution
potentielle des États-Unis s’avère élevée par rapport à l’ensemble mondial, celle du Canada est
moins bien connue, en dépit du fait que le territoire forestier soit immense. En fait, quelques
études ont traité du potentiel canadien concernant simultanément les trois types de mesures (en
particulier Chen et al. 2000), à l’échelle régionale spécifiquement en matière de
boisement/reboisement (Lemprière et al. 2002, Tremblay et al. 2006, Ouimet et al. 2007) ou
encore de variation des stocks incluant les produits du bois (Chen et al. 2010). Le peu d’intérêt
soulevé par les potentialités auxquelles correspond l’aménagement forestier au Canada s’inscrit
notamment dans la décision des autorités fédérales en 2006 de ne pas prendre en considération
le territoire forestier sous aménagement dans son bilan national de GES face au Protocole de
Kyoto (PK) – en vertu des dispositions de l’article 3.4 – considérant l’impact négatif sur l’équilibre
source-puits de la forêt canadienne qu’ont occasionné les perturbations naturelles récentes, en
particulier l’épidémie de la dendrochtone du pin dans l’ouest du pays (Kurz et al. 2008a et
2008 b). Par contre, le caractère contraignant de l’article 3.3 du PK, qui porte spécifiquement sur
les déclarations touchant les changements d’affectation des terres, a permis de maintenir un
certain intérêt pour les projets de boisement/reboisement au Canada.
Le territoire canadien offre un fort potentiel de boisement en zone boréale où sont disponibles
d’importantes superficies de terrains naturellement dénudés, en particulier dans la moitié Est de
la forêt boréale continue (Payette 1992, Gagnon et Morin 2001, Boucher et al. 2008). Ces terrains
dénudés (TD) boréaux, impropres à une récolte ligneuse économiquement viable compte tenu
d’un volume marchand improductif par définition (moins de 30 m
3
à maturité), sont disséminés à
travers la forêt boréale canadienne et correspondent à environ 7 % (1.6 M d’ha) de la forêt
boréale continue du Québec seulement (Boucher et al. 2008). Leur statut d’improductivité d’un
point de vue forestier, leur éloignement des zones habitées et leur caractère impropre à toute
culture ou tout élevage octroient aux TD un avantage certain sur le plan des risques de perte
d’opportunité et des risques de fuite, comparativement à d’autres types de terrains propres au
boisement/reboisement, des enjeux majeurs pour tout projet d’atténuation dans le secteur
UTCATF (WRI 2006, CCMF 2009, Yemshanov et al. 2012). Des études de capacité de support
de plantations sur TD (Hébert et al. 2006) ainsi que de modélisation de la séquestration nette
Activité
Coût potentiel égal à ou moindre
que 100 US$/tCO
2
(en MtCO
2
/an en 2030)
1-20 US$/tCO
2
20-50 US$/tCO
2
>50 US$/tCO
2
Boisement/Reboisement
4 045
0.40
0.28
0.32
Déforestation réduite
3 950
0.54
0.28
0.18
Aménagement forestier
5 780
0.34
0.28
0.38
Total
13 775
0.42
0.28
0.30
Fraction des coûts dans la classe: