Page 26 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_05

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gouvernements et surtout des privés. Ils s’érigent comme défenseurs des intérêts des populations
et groupes vulnérables.
Les acteurs locaux sont ceux qui vivent en contact direct avec la nature et qui seront les premiers
à subir les conséquences de leur dégradation ou de leur disparition.
Les responsabilités des acteurs sont interdépendantes et pour arriver au développement durable,
chaque acteur doit jouer pleinement et franchement son rôle et assumer ses responsabilités.
C’est par le biais de la complémentarité optimale des interventions des acteurs que pourrait être
réalisée une économie verte à toutes les échelles de décision.
Gouvernance et forêts
Comment la gouvernance affecte-t-elle les forêts et les populations qui en dépendent?
Malgré les avantages et les intérêts portés à la décentralisation de la gestion des ressources
forestières, peu d’études ont traité de ses impacts sur la participation des acteurs locaux à la
gestion durable des forêts concédées aux populations locales. De la même manière, aucune
étude n’a exploré les effets néfastes et les conflits entre acteurs de la décentralisation dans la
gestion des rapports de forces des acteurs dans la gestion forestière locale surtout en Afrique où
les rapports quotidiens des populations avec les forêts sont davantage régulés par des normes
sociales parfois empiriques qui relèvent des droits coutumiers plutôt que de la législation
moderne.
De ce fait, il faut reconnaître que malgré que la décentralisation de la gestion forestière ait été
facilitée par la mise en place des conditions de participation des populations à la gestion des
forêts, sa contribution réelle à la gestion durable des forêts reste encore un sujet à approfondir.
Cet approfondissement pourrait s’inscrire dans un cadre plus large nécessitant une analyse de
l’impact de la décentralisation de la gestion forestière sur la participation des acteurs qui soit
conforme au système local de gouvernance afin de proposer un modèle de gouvernance
forestière qui prend en compte les pratiques traditionnelles tout en intégrant les changements
législatifs et réglementaires novateurs dans la plupart des pays grâce à la pression de la
communauté internationale et de la société civile. Cette évolution positive des textes, si elle n’est
pas bien conduite, pourrait créer de nouveaux types de rapports entre les différents acteurs dont
en particulier entre les acteurs étatiques et les populations locales à travers les formes
d’organisations qu’elles mettent en place pour gérer ces forêts. Elle peut se décliner en rapport
de dépendance ou d’interdépendance entre les acteurs impliqués dans cette gestion. Ainsi
peuvent être nés de nouveaux rapports de force qui pourraient conduire à la marginalisation de la
majorité des populations de la prise des décisions en matière de gestion locale des forêts et donc
à une faible participation de celles-ci à la gestion forestière. En plus avec la création de nouvelles
structures d’organisation dans un milieu local de gestion forestière, la décentralisation peut
remettre en cause les pratiques traditionnelles existantes selon lesquelles les forêts et toutes les