Page 28 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_05

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peut générer des impacts négatifs et des effets pervers dont notamment un contrôle du pouvoir
de décision sur les forêts exercé par les acteurs étatiques ou les personnes cooptées par eux,
l’émergence et l’ingérence des élites locales, la monopolisation des retombées forestières par
quelques acteurs. Une bonne gouvernance forestière locale suppose des textes législatifs et
réglementaires adaptés, élaborés de manière inclusive et participative prenant en compte les
pratiques traditionnelles locales en la matière. Il n’y a pas de formule magique mondiale, mais
plutôt des textes adaptés à chaque pays en fonction des pratiques traditionnelles locales, qui
permettent aux populations locales de disposer de véritables pouvoirs décisionnels sur leurs
forêts.
Gouvernance et économie verte
Comment une meilleure gouvernance va-t-elle créer les conditions favorables pour une économie
verte et l’éradication de la pauvreté?
Une bonne gouvernance forestière locale permet aux populations d’être maîtresses des décisions
à prendre en ce qui concerne la gestion de leurs forêts. Cela suppose qu’elles ont un pouvoir
décisionnel sur tous les plans et qu’elles ont accès aux mécanismes locaux, nationaux et
internationaux de financement. Pour ce faire, il faut les associer pleinement depuis l’élaboration
des lois et règlements en la matière, renforcer leurs capacités en matière de gestion des forêts
(inventaire, élaboration de plans de gestion simplifiés des forêts, reboisement, plan
d’aménagement, gestion des retombées) et privilégier la démocratie locale dans les choix des
personnes qui forment les comités appelés à gérer les dividendes issus des forêts au profit de
toute la communauté. Ces comités doivent disposer d’un réel pouvoir de décision qui leur permet
de garantir les intérêts de chaque partie, assurer la gestion rationnelle et durable des forêts sous
l’encadrement technique des services forestiers décentralisés des États. Ces services peuvent
exercer le contrôle de la mise en œuvre des règles pour éviter les abus qui pourraient amener à
la destruction des forêts au lieu de leur gestion durable, mais ils doivent éviter d’influencer les
populations dans la prise de décision. Il faut absolument éviter que les changements
institutionnels apportés par la décentralisation de la gestion forestière ne soient une source de
déstabilisation du système traditionnel de gestion forestière et à la configuration de nouveaux
rapports de force entre les acteurs qui pourraient compromettre les rôles sociaux établis dans la
régulation de la gestion forestière locale et ainsi entraîner l’effritement des systèmes de pouvoirs
traditionnels établis.
Les comités de gestion doivent être composés de représentants de tous les groupes sociaux afin
qu’aucun groupe ne se sente lésé et s’érige en ennemi de la gouvernance locale des forêts.
Par ailleurs, la décentralisation de la gestion des forêts doit être accompagnée par l’attribution de
pouvoir décisionnel fort aux populations, qui ne pourrait être effective que quand elle est couplée
à la reconnaissance d’une personnalité juridique auxdites populations. Malheureusement, la
plupart des textes législatifs et règlementaires en matière de gestion forestière locale