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décentralisation du pouvoir aux populations et l’ancrage inadéquat des changements
institutionnels apportés (Ribot, Agrawal et Larsen, 2006). Ainsi le renforcement des capacités des
populations et des membres des Comités locaux de gestion est nécessaire pour les outiller à
pallier aux lacunes observées et à mieux assumer leurs responsabilités en matière de gestion
forestière décentralisée.
Pour assurer une bonne gouvernance locale de la gestion forestière et asseoir une économie
verte durable, il faut :
Mieux comprendre les pratiques et usages locaux;
Intégrer ces pratiques et usages dans la révision des textes législatifs et règlementaires
relatifs à la gestion forestière locale;
Éviter l’émergence des élites et des acteurs influents;
Prendre en compte l’ensemble des acteurs dans la composition des Comités de gestion;
Éviter le développement de rapports entre acteurs de type dépendance avec pouvoir
ascendant;
Favoriser le développement de rapports entre acteurs de type interdépendance avec
pouvoir diffus;
Éviter la marginalisation des populations locales du système décisionnel dans la gestion
forestière;
Mettre en place des règles claires, équitables et justes de partages des dividendes issus
de l’exploitation des ressources forestières;
Renforcer les capacités des populations en matière de gestion des ressources forestières
pour mieux assumer les nouvelles responsabilités qui leur sont confiées.
Conclusion
Les responsabilités des acteurs en matière de gestion des ressources forestières sont clairement
définies dans les lois et règlements élaborés ou en cours d’élaboration. Ces lois et règlements,
élaborés de manière participative, doivent garantir la dévolution du pouvoir décisionnel de gestion
forestière aux populations que prône la décentralisation. Dans certains cas, la transmission du
pouvoir décisionnel n’a pas été totale et dans ces cas apparaissent des effets pervers telle que la
marginalisation des populations du système décisionnel de gestion forestière.
Le modèle de gouvernance forestière locale qui garantirait la durabilité et une économie verte doit
être un modèle intégrateur des changements institutionnels des lois forestières et des pratiques
et usages traditionnels de la forêt relevant du droit coutumier. Ce modèle de gouvernance
favoriserait une gestion participative inclusive et durable des forêts communautaires et sa mise
en œuvre suggère un rééquilibrage des rapports de force du système d’action local issu de la
décentralisation. Ce rééquilibrage des rapports de force se fera par l’élimination des rapports de
dépendance avec pouvoir ascendant et l’instauration des rapports d’interdépendance avec
pouvoir diffus à tous les niveaux du système. Ce modèle offrirait au système d’action local une