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services de la ressource. À cet égard, la triangulation de Rio s’applique aux usages de chacun
des biens et services pris individuellement, mais est exclue au niveau des stocks.
En effet,
assurer l’existence d’une ressource renouvelable
constitue la garantie qu’il sera possible
de continuer à obtenir les biens et les services maintenant et dans le futur.
C’est seulement
une fois que la capacité de renouvellement des ressources est garantie par des régulations
strictes que l’usage qui est fait des prélèvements doit être conçu selon une pondération, selon les
situations des trois pôles de la durabilité (régulation des usages selon le principe de l’efficacité
économique, de la solidarité sociale et de la responsabilité écologique).
Afin de pouvoir préserver les capacités de renouvellement des fonds écologiques et exploiter de
manière soutenable les services écologiques, ces deux approches mettent en avant le rôle
déterminant des facteurs institutionnels dans l’orientation des relations humain-nature basée sur
les droits et les changements institutionnels. Ces approches préconisent des changements
institutionnels favorisant la gestion durable des ressources par les communautés locales.
Arrangements institutionnels pour un développement équitable et durable des ressources
naturelles
Le terme
institution
est à comprendre ici dans le sens de règlements, ce sont des mécanismes
par lesquels les sociétés définissent qui peut ou non utiliser les ressources et comment les droits
d’accès et les profits sont partagés parmi les détenteurs de ces droits (Tyler, 2006).
L’ensemble des arrangements institutionnels existant à un moment donné dans une société
constitue son cadre institutionnel. Ce cadre influencera sur le type de relations homme-nature à
travers de multiples droits et devoirs relatifs à l’accès, à l’usage et à l’exploitation des ressources
naturelles. Le type d’arrangement choisi va donc influencer la durabilité de la ressource.
En effet, l’absence de régulation des comportements des acteurs-utilisateurs à travers une
description des droits d’usage à travers des arrangements institutionnels (une politique publique
et/ou des droits définis dans un système de régulation), implique un risque de comportement
individualiste et stratégique qui peut amener à la surexploitation de la ressource voir à sa
disparition (Knoepfel, 2007). Cette notion a en réalité été développée dès 1968 par Hardin dans
son article sur la tragédie des communaux. L’hypothèse centrale est que l’absence de droit de
propriété et donc d’arrangement institutionnel provoque la surexploitation des ressources. Hardin
l’illustre par le comportement rationnel d’un éleveur qui tire un bénéfice direct de l’élevage par ses
propres animaux, paissant dans un champ commun, mais subit un coût dû à la raréfaction de
l’herbe, coût qui croit avec le nombre de bêtes. Toutefois, comme il partage ces coûts avec tous
les autres éleveurs alors que son bénéfice ne provient que de son bétail, il est dans son propre
intérêt d’augmenter son troupeau et de faire paître de plus en plus d’animaux. Chaque éleveur
ayant le même intérêt, ce comportement conduit à une raréfaction croissante de l’herbe, c’est-à-
dire à la disparition de la ressource commune. Et c’est en cela que réside la tragédie : « dans une
société qui croit en la liberté des pâtures communes, chacun cherchant à servir au mieux ses