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intérêts, la ruine est la destination vers laquelle tous les hommes se précipitent. Le libre accès
aux biens communs apporte la ruine à tous » (Hardin, 1968).
Il faut cependant différencier un bien commun d’un bien public. Un bien commun appartient à
tous et à personne; chacun peut le consommer, le récolter, et il y a donc absence d’exclusion.
Mais une fois qu’un individu s’en est emparé, il en prive les autres consommateurs potentiels. Il y
a donc rivalité d’usage.
En l’absence de mesures spécifiques telles que l’attribution de droits de propriété sur ces
ressources ou l’aménagement de condition de leur usage collectif, le risque lié aux
caractéristiques de ces biens est leur surexploitation et leur épuisement possible. Ces biens sont
qualifiés de « communs » en raison de leur diffusion collective et non-excluante, et non parce
qu’ils sont produits par une entité de statut public.
Le problème étant ainsi posé, les solutions de gestion qui en résultent sont soit la privatisation
soit l’intervention de l’État. Dans ce dernier cas, les droits de propriété sont alors transférés à
l’État qui devient le gardien des ressources. Mais d’un côté la gestion étatique est souvent
considérée comme lourde et surtout incapable de contrôler les pratiques des populations et les
interdictions. Or, sans les moyens pour les faire respecter, cela revient à laisser la ressource en
libre accès. Quand les règlements sont ambigus, inexistants, la « tragédie des communs » peut
facilement se produire. D’un autre côté, la gestion privée est accusée de créer des inégalités, de
produire de l’exclusion, ne réussissant souvent pas non plus à résoudre le problème
d’épuisement des ressources (Ballet, 2007).
Dietz et Ostrom (2003) dénoncent toutefois le fait qu’Hardin confonde les régimes
communautaires avec un régime de libre accès, négligeant que les régimes communautaires
imposent des limites à l’accès et l’exploitation des ressources ayant leurs propres arrangements
institutionnels. La propriété commune contrairement à l’absence de droits de propriété se réfère à
un ensemble de règles définies en lien avec l’appartenance des membres à une communauté.
C’est sur ces bases qu’un autre type de régime de propriété est mis en avant, suite à Rio, afin de
mettre en œuvre les politiques publiques,
la
gestion en commun
.
La délégation de pouvoir au niveau le plus bas (subsidiarité) est justifiée pour Ballet (2007) par la
possibilité de définir des droits de propriété commune et la capacité de la communauté locale à
faire respecter ces droits et éviter les comportements déviants tout en minimisant les coûts
économiques et en maximisant le bien-être social. La capacité de contrôle de l’utilisation des
ressources par les communautés locales devient l’enjeu essentiel.
Les différents types de droits et de règlements influencent donc la relation homme-nature, mais
aussi les jeux de pouvoir; en effet c’est au niveau de ce cadre et de la définition de ces différents
droits que pourra se faire la répartition des coûts et des avantages.