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corresponde à une démocratie à la base. La communauté comme unité de base n’a pas besoin
d’être homogène dans le sens où tout le monde aurait le même pouvoir.
Il suffit que les règles
établies s’appliquent à tout le monde de manière contraignante pour que la gestion
communautaire soit efficace.
Au sein de chaque communauté, chaque individu développe des
stratégies individuelles qui lui permettent de tirer profit de sa communauté. Les individus ne se
comportent pas comme s’ils étaient tous unis dans un même objectif.
En ce sens, parler de
gestion en commun peut cacher en réalité une gestion à partir de règles communautaires
dont certains membres peuvent bénéficier et d’autre pâtir.
Les stratégies ont souvent pour
objectif l’accumulation de pouvoirs et l’acquisition de capitaux économiques. Les individus
peuvent tirer profit de leur appartenance communautaire en s’appuyant sur leur statut et
reproduire les inégalités.
En ce sens, la gestion participative passant par des règles traditionnelles ou locales peut
renforcer ou au contraire perturber les situations de pouvoir au niveau local et faire l’objet de
stratégies et de processus de manipulation et d’utilisation à des fins personnelles. Ces stratégies
et le statut qu’acquièrent les individus dans la communauté peuvent rendre l’efficacité de la
gestion en commun très relative.
En effet, les stratégies de pouvoir et d’accaparement de la ressource par certains individus
supposent également l’exclusion d’une autre partie de cette communauté.
Si l’on vise à une gestion durable, l’exclusion des bénéfices d’une ressource peut provoquer des
dégâts majeurs sur celle-ci. Si l’on prive la population de certains usages et que ces usages sont
indispensables aux individus, les transgressions deviendront la règle et la gestion en commun se
montrera peu efficace (Ballet, 2007). Même si les règles sont collectivement décidées, certains
acteurs peuvent être exclus du processus de décision. Le régime de propriété commune, même
s’il établit des droits et obligations envers les différents membres, pose la question de l’exclusion
des non-membres et de la réaction de ceux-ci face à leur exclusion avec pour conséquence des
risques de stratégies de dégradation.
Au niveau de l’organisation, il existe en fait une gamme d’options pour le partage et la délégation
des pouvoirs à ce qui est appelé « gestion communautaire ». En effet, la plupart du temps le
pouvoir de gestion est partagé entre les différents acteurs. La gamme des ententes de cogestion,
c’est-à-dire le
partage des responsabilités
est vaste, allant de la simple information aux
communautés au contrôle collectif local avec des rôles et pouvoirs légalisés. Pour Tyler, la
situation se complique en raison de la myriade de décisions à prendre incluses dans la gestion :
élaboration de politique, planification, établissement de règles, investissements, répartitions, suivi
et exécution des règlements, arbitrage des conflits, suivi des mesures. De plus, outre les
populations locales et les gouvernements d’autres intervenants peuvent être en cause (ONG,
acteurs privés.). L’IUCN (Boukar, 2000) ajoute que
les réglementations locales ne sont viables
que lorsqu’elles sont reconnues par l’État.
La cogestion se base sur une entente officielle
entre toutes les parties sur les droits, les responsabilités et les procédures énoncées en détail,