5-67
institutions adoptent des stratégies de survie, principalement pour tenter d’évincer d’autres
institutions rivales (Lubini et al., 2002).
Certaines de ces stratégies prévoient d’apporter les modifications voulues aux programmes
d’études pour englober les disciplines générales de la « nouvelle foresterie » (Temu et al., 2001),
d’améliorer les méthodes d’enseignement, de forger des partenariats de recherche avec des
industries et de travailler en réseau avec d’autres institutions de recherche et d’enseignement.
Très souvent, ces changements sont inadéquats et trop tardifs, et leurs effets sont de si courte
durée que les institutions doivent constamment procéder à des ajustements pour survivre.
Dans une société basée sur le savoir, de plus en plus de connaissances et de techniques seront
acquises en dehors du système d’enseignement classique. Ainsi, bon nombre des institutions
existantes disparaîtront. Le monopole des institutions d’enseignement, comme fournisseurs de
savoir, est d’ores et déjà menacé. Dans le domaine de l’éducation, on cessera probablement de
privilégier l’enseignement d’un ensemble de connaissances prédéfini, pour renforcer les
capacités d’apprentissage auprès de diverses sources. La principale tâche des systèmes
pédagogiques sera d’ouvrir les esprits et de les rendre plus critiques. Or pour remplir cette tâche,
les limites disciplinaires sur lesquelles prospèrent de nombreuses professions traditionnelles,
seront un obstacle (Nzala et al., 2002).
On constate, enfin, que les programmes universitaires, au lieu de se fixer des objectifs fondés sur
la situation et les tendances réelles de chaque pays, ne sont que des adaptations de ceux de
pays évolués dans les diverses disciplines de la foresterie. Ainsi, ni la nature de l’enseignement ni
les matières traitées ne reflètent les conditions réelles de l’Amérique du Sud. On remarque que
malgré le souci constant des pouvoirs publics à l’égard du secteur forestier et de l’enseignement
dans ce domaine, les résultats ne sont pas toujours concrets. Dans presque tous les pays de la
région, l’enseignement forestier souffre d’une insuffisance de ressources humaines, d’argent et
d’institutions, qu’il s’agisse du secteur forestier proprement dit ou de l’éducation s’y rapportant
(Dombeck et al. 2001). Plans et projets ne se matérialisent pas.
Bilan des programmes de renforcements des capacités et d’information du public
Progrès réalisés
Le renforcement des capacités est nécessaire dans toute une gamme de parties prenantes
comprenant (i) les agences gouvernementales, (ii) les décideurs politiques (iii) les communautés
locales, (iv) le secteur privé, (v) la société civile et les ONG, (vi) les institutions et systèmes
d’enseignement, (vii) les institutions de recherche, de même que (viii) les donateurs, les agences
de financement et les autres partenaires du développement (Bigawa S. & V. Ndorere, 2002). La
dynamique du renforcement des capacités en matière de gestion durable des forêts est
généralement assurée par le biais de systèmes de formation continue et d’information, mais
également par des filières de formation non formelles, telles que des apprentissages, des
formations sur le tas ou des projets à base communautaire (voir à ce sujet les études de cas de
Robinson, de Defo et Tchamba ainsi que de Koné dans ce document). Avec l’avènement de la