La participation publique dans l’évaluation environnementale en Afrique francophone
P o i n t s d e r e p è r e
114
L’écart qui existe entre le cadre juridico-administratif et la pratique
amène nos collaborateurs à porter un regard critique sur leur façon de faire.
Le tableau 19 résume ces autoévaluations par les équipes d’experts nationaux.
De tous les pays examinés, seul le Niger qualifie les procédures et pratiques
nigériennes d’excellentes. Certains des pays pourtant reconnus par leurs pairs
comme en avance se jugent plutôt timidement en se donnant une place plus
juste dans la mise en œuvre des procédures de participation publique. Par
exemple, le Bénin jugé plus performant
43
par le Burkina Faso, le Cameroun,
le Gabon, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal s’attribue une cote bien
modeste. Il est quand même paradoxal que l’un au moins de ces pays (Togo)
juge ses procédures et pratiques « passables » et d’autres (Bénin, Madagascar
et Sénégal) jugent les leurs simplement « bonnes ».
Tableau 19 Autoévaluation de la procédure et de la pratique nationale
par les équipes de ces pays
Évaluation
Pays concernés
Excellente
Niger
Très bonne
Gabon, Mauritanie, Tchad
Bonne
Bénin, Centrafrique, Guinée, Madagascar, Sénégal
Passable
Burkina Faso, Burundi, Côte d’Ivoire, Sao Tomé, Mali, Togo
Mauvaise
Congo
Non évaluée
Cameroun
Il existe une grande variation dans ces évaluations et les résultats peuvent
paraître surprenants à divers égards. Nous conviendrons qu’une telle « autoé-
valuation » est empreinte de forts biais. L’objectivité est impossible. Les gens
interrogés sont trop souvent tiraillés entre l’expression d’une fierté au regard
de leurs procédures et celle de la reconnaissance des limites contextuelles
dont elles sont l’objet. La validité du référent ayant servi au classement
repose sur une connaissance fine des procédures et pratiques en vigueur sur
les autres territoires nationaux, ce qui ne saurait être assuré. Le classement
dépend également de la dynamique qui a opéré au sein des équipes nationales
et du niveau critique duquel ils se sont investis. Enfin, il faut convenir que
l’appréciation puisse avoir été perçue comme en relation avec le dégagement,
dans les suites du projet, de fonds de renforcement des capacités.
En tenant compte de leur expérience, nos collaborateurs identifient les
forces et les points de leur procédure nationale qui méritent une amélioration
(
tableau 20).
43.
Et le Bénin figure au nombre des pays identifiés comme sources d’inspiration par d’autres États.