La participation publique dans l’évaluation environnementale en Afrique francophone
P o i n t s d e r e p è r e
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serait bénéfique sur l’importance de la collecte et de la prise en compte des
points de vue du grand public dans les décisions, et particulièrement dans le
processus d’ÉIE, sur l’harmonisation des textes en rapport avec la gestion
environnementale avec ceux des autres pays ainsi que sur l’examen des termes
de référence et des rapports d’ÉIE. Pour les bureaux d’études, nos collabo-
rateurs ont défini des besoins sur la réalisation de l’ÉIE et sur les méthodes
participatives.
Les équipes nationales ont fait preuve d’imagination dans leur suggestion
des approches formatives. Différents niveaux d’intervention sont envisa-
geables : des formations universitaires en évaluation environnementale, des
séminaires destinés aux différents acteurs, des campagnes de causeries vil-
lageoises et de sensibilisation. En accompagnement, la mise en place d’une
structure d’audience publique et des mécanismes nécessaires à son opéra-
tionnalisation serait une avancée. Le développement d’outils pour mesurer
l’efficacité de la participation du public vis-à-vis des enjeux touchant la qualité
de vie de la population serait pertinent. Des études pourraient aussi être com-
mandées sur la synergie des textes concernant la gestion de l’environnement
pour une meilleure participation citoyenne à des fins d’optimisation de leur
application, et ce, dans tous les secteurs d’activité économique. La vulgarisa-
tion des principes du développement durable auprès de tous les acteurs, dans
tous les secteurs, est nécessaire.
Au regard de la formation, la recherche permet de relier l’offre de com-
pétences aux besoins établis. Le tableau 22 propose un premier portrait de la
collaboration qui pourrait naître. Au nombre des besoins figurent :
•
la formation (différente selon les États) des divers acteurs (public,
promoteurs, administrations…) sur les cadres juridico-administratifs
devrait être prise en charge localement. Il demeure toutefois que les
procédés de développement et de mise en œuvre pourraient être par-
tagés entre les différents États. Afin de réduire possiblement les écarts
participatifs dans des projets transfrontaliers, une formation à l’échelle
des blocs régionaux nous semble souhaitable;
•
le perfectionnement de la pratique des dispositifs courants de partici-
pation que sont l’audience et l’enquête publique, en sus des stratégies
adaptées de diffusion de l’information et d’une initiation à d’autres
modes de concertation et de règlement des conflits;
•
la formation des experts de l’ÉIE aux techniques d’animation, de par-
ticipation et de vulgarisation utilisées en sciences sociales;
•
la nécessité de poursuivre une formation plus technique sur les ÉIE
et leurs approches. Cela inclut un perfectionnement sur les démarches
participatives. Sur cette question, l’expérience régionale mieux adaptée
aux sociétés africaines devrait être prise en charge par les experts des
sciences sociales des pays concernés.