P o i n t s d e r e p è r e
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Introduction
L
es
É
tats modernes
font face à des défis de plus en plus complexes.
D’une part, il existe un consensus à savoir que les problèmes qui se
posent et les solutions pour les résoudre ne relèvent pas de leur responsa-
bilité exclusive. Cela explique pourquoi des mots tels que « gouvernance »,
«
concertation », « partenariat » se retrouvent de plus en plus dans les discours
des hommes et des femmes publics. Plus que jamais, les États doivent agir en
partenariat, dans une approche synergique. D’autre part, ils ont dorénavant
à collaborer, ou à tout le moins à interagir, avec des acteurs de la société
civile de plus en plus informés, mieux organisés et plus exigeants. Face à cette
donne nouvelle, on observe une multitude de réponses et d’initiatives visant à
permettre aux États modernes de s’adapter à ces nouvelles attentes.
C’est ainsi que de nombreux États expérimentent, depuis quelques
années déjà, diverses formes de démocratie participative. Celles-ci présup-
posent un certain nombre de conditions générales, telles une vision favorable
de la société civile et une ouverture à la délibération et à l’expérimentation.
Elles impliquent également des dispositifs institutionnels et qu’elles soient
dotées de conditions leur permettant de remplir efficacement la mission qui
leur est confiée.
C’est dans ce contexte général et fort de l’expertise québécoise en matière
de démocratie participative – rappelons que le Bureau d’audiences publiques
sur l’environnement (BAPE) existe depuis 1978 – qu’a pris forme l’idée
d’organiser, à Dakar en mars 2009, une conférence intitulée « La participation
publique en environnement : pour un développement durable par une gou-
vernance démocratique ». Celle-ci
visait à
susciter une réflexion concernant la
mise en place ou la consolidation de mécanismes participatifs dans les pays
de l’Afrique francophone et à renforcer les capacités dans ce domaine par un
partage d’expertise dans la perspective d’un développement durable de nos
sociétés au profit des générations actuelles et futures. Les 50 participants à
la conférence venaient des 14 pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Burundi,
Cameroun, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Liban,
Madagascar, Mali, Niger, Sénégal et Togo.