Chapitre 1 – La participation citoyenne
P o i n t s d e r e p è r e
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que vivent ces groupes de personnes. Ainsi, la participation citoyenne réfère
plus spécifiquement à celle des gens ordinaires, de ceux dont les sources de
pouvoir sont limitées
4
.
Le concept de participation citoyenne revêt, dans la pratique, de multiples
connotations qui l’éloignent des caractéristiques définitoires de Cunningham et
d’Hardina. Plusieurs auteurs ont regroupé les significations en catégories selon
le niveau d’engagement des citoyens dans le processus décisionnel, le sens du
flux d’information entre les participants ou ceux qui en ont pris l’initiative. Le
travail d’Arnstein (1969) constitue un exemple désormais classique d’une typo-
logie fondée sur le niveau d’engagement. Cette auteure suggère une échelle de
la participation composée de huit échelons, croissant selon le niveau d’engage-
ment des citoyens au processus décisionnel. Au bas de l’échelle (échelons 1 et 2)
figurent la manipulation et la thérapie, deux approches qu’elle catégorise comme
de la non-participation. Aux échelons médians (échelons 3, 4 et 5), elle regroupe
l’information, la consultation et la participation accessoire à des comités dans la
catégorie instrumentalisation (
Tokenism
).
Au sommet de l’échelle (échelons 6, 7
et 8) se trouvent le partenariat, la délégation de pouvoir et le contrôle citoyen,
regroupés sous le vocable de pouvoir citoyen. Plus la participation se situe en
haut de l’échelle, plus les citoyens ont l’assurance que leur opinion sera intégrée
à la décision et appliquée dans l’intérêt des communautés. Comme l’auteure
le souligne elle-même, cette échelle, simplificatrice de la réalité et non exhaus-
tive, illustre la polysémie de la participation citoyenne. À l’instar de Bacqué et
Gauthier (2011, p. 56), nous estimons que cette échelle demeure pertinente bien
que les démarches participatives et les dispositifs se soient diversifiés.
Participation citoyenne ou participation publique
La participation citoyenne diffère de la participation publique (André
et
al.
, 2012) :
l’une et l’autre se chevauchent, mais la première est plus large que la
seconde. L’expression participation publique a gagné en importance depuis la
fin des années 1970. Plusieurs objectifs qu’elle vise font en sorte de l’éloigner
du partage du pouvoir et de la décision des gens ordinaires (Rowe et Frewer,
2005;
André
et al.
, 2006, 2010).
Elle inclut sans s’y limiter à la fois les disposi-
tifs de communication publique, de consultation publique et de participation
publique. L’expression inclut donc à la fois :
1)
un processus public d’implication des personnes, quels que soient leurs
caractéristiques démographiques et le niveau de leur capital social, éco-
nomique ou politique, dans l’élaboration ou la prise de décision concer-
nant des interventions qui les touchent ou les intéressent;
4.
Ceci rejoint le sens récent donné par exemple aux jurys de citoyens ou aux assemblées citoyennes.