La participation publique dans l’évaluation environnementale en Afrique francophone
P o i n t s d e r e p è r e
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Une étude de Noudéhou (2009) portant sur l’efficacité des structures
de gestion de l’environnement a permis d’apprécier le fonctionnement des
organismes gestionnaires des études d’impact au Bénin, au Burkina Faso,
à Madagascar et au Niger. Il s’agit d’une étude comparative basée sur des
critères de performance, d’efficacité, d’efficience, de pertinence, de viabilité
financière et d’ordre contextuel (contexte extérieur). L’auteur conclut que :
•
l’Agence béninoise pour l’environnement (ABE) présente un degré
moyen de fonctionnalité dû à la faible disponibilité des ressources aussi
bien humaines que financières ainsi qu’à son incapacité à assurer le
transfert de connaissances et de compétences à l’interne et à préparer
une bonne relève de cadres compétents;
•
la Direction des évaluations environnementales burkinabè, qui s’est
transformée plus tard en Bureau national des évaluations environne-
mentales et de gestion des déchets spéciaux (BUNED), montrait un
faible niveau de fonctionnalité dû à son manque d’autonomie, au peu
d’activités qu’elle mène, au faible niveau d’encadrement juridique de
l’évaluation et à la faiblesse de ses ressources humaines et matérielles;
•
l’Office national pour l’environnement de Madagascar, quoique pré-
sentant aussi un niveau moyen de fonctionnalité, montre une bonne
performance quant aux résultats et une efficience dans la mise en
œuvre de ses activités planifiées;
•
le Bureau d’évaluation environnementale du Niger connaît des faiblesses
liées à l’incomplétude du cadre juridique de l’évaluation environnementale
ainsi qu’au caractère réduit de son champ d’action et de ses ressources
budgétaires.
Les tendances décrites pour ces quatre pays pourraient différer légère-
ment dans les autres pays retenus dans cette recherche. On observe aussi au
tableau 5 l’abandon progressif des services techniques et des sous-directions
comme organismes gestionnaires de la participation publique et des évaluations
environnementales, au profit d’agences nationales de gestion de l’environne-
ment et de bureaux nationaux en charge des évaluations environnementales.
Toutefois, quel que soit le type de structure en place, son efficacité repose
sur les épaules des personnes chargées de l’animer et des moyens mis à leur
disposition. Ebisemiju (1993) fait déjà remarquer que l’existence d’une unité
responsable des questions d’ÉIE dans les pays en développement ne garantit
pas automatiquement une prise en compte optimale de l’environnement.
D’Almeida (1999) précise plusieurs facteurs qui entravent le fonctionnement
de ces structures, dont le manque de ressources financières, l’absence d’une
politique environnementale cohérente, l’instabilité des institutions adminis-
tratives responsables de l’environnement, le manque de personnel qualifié et
le faible niveau des compétences locales existantes, ainsi que le manque de
moyens matériels et techniques.