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La télédétection source d’informations
pour le suivi des régions sèches
richard eSCadaFaL
richard escadafal est directeur de recherche
à l’institut de recherche pour le dévelop- L’importance des terres arides de la planète est régulièrement soulignée et de plus en
1
pement (ird, France). docteur en sciences plus visible parmi les préoccupations prégnantes de l’agenda international sur les ques -
de la terre, c’est un pédologue spécialisé
dans l’étude des environnements arides par tions d’environnement et de développement. Ces questions sont bien sûr traitées par la
télédétection. il a animé plusieurs projets Convention des Nations unies dont c’est le mandat (la CNuLCd), mais cela va
de recherche internationaux en méditerra- bien au-delà, comme en témoignent les différentes contributions à ce numéro.
née sur cette thématique. il a présidé le
Comité Scientifique Français de la déserti- Dans la majorité des cas, tant la recherche sur les causes des problèmes affectant
fication (CSF d) de 2010 à 2017 et a participé ces régions que celle de solutions déjà à l’œuvre ou qui devraient être mises
à des groupes de travail de la CN uLd, il est en place nécessitent de pouvoir évaluer l’état des ces terres arides puis de
un des fondateurs de l’association desert- suivre leur évolution dans le temps. Il s’agit de mesurer comment elles sont
Net international.
impactées, aussi bien par le changement climatique que par les actions
humaines, dont celles à objectif de développement.
Il y a ainsi un fort besoin de suivi et d’évaluation des ces grands territoires,
et les images des satellites de télédétection sont rapidement apparues comme
une source remarquable d’information sur ces régions souvent difficiles d’ac -
cès. Ces régions sèches ont de surcroit l’avantage d’être peu ennuagées, donc
bien plus visibles des satellites les plus courants (équipés de capteurs fonction -
nant dans le domaine solaire : télédétection passive).
La télédétection a par ailleurs connu un fort essor technologique. Si, dans le
domaine civil, les premières images disponibles en 1972 provenaient d’un
seul satellite (Landsat1), en ce moment, une centaine de satellites sont en train
d’observer la Terre depuis l’espace. Ils recueillent une masse croissante de
données, le plus souvent sous forme d’images, de façon répétée dans le temps,
et avec un coût modéré. Cela permet de mesurer, de modéliser et de suivre
les évolutions de notre environnement à différentes échelles spatiales et tem -
porelles. Deux revues récentes proposent une vue d’ensemble des utilisations
de la télédétection dans les drylands (Escadafal, 2016 ; Escadafal & Begni, 2016)
qui complèteront utilement cette brève note.
De nombreuses applications ont été progressivement mises au point et le suivi
du développement des plantes est certainement la plus importante. Les images
de basse résolution spatiale mais acquises fréquemment (haute résolution
temporelle) sur la totalité du Globe permettent d’avoir une vue d’ensemble
des fluctuations de la végétation verte (images NOAA-AVHRR, p.ex.).
Cependant, ces approches à échelle continentale sont trop globales pour
satisfaire les besoins opérationnels de projets de développement. Des suivis
plus détaillés de la végétation, particulièrement des cultures, sont maintenant
couramment pratiqués, y compris en Afrique (Bégué et al., 2016).
richard.escadafal@cesbio.cnes.fr
1. ou « drylands » en anglais, malaisément traduit en français par « régions sèches »
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 61
pour le suivi des régions sèches
richard eSCadaFaL
richard escadafal est directeur de recherche
à l’institut de recherche pour le dévelop- L’importance des terres arides de la planète est régulièrement soulignée et de plus en
1
pement (ird, France). docteur en sciences plus visible parmi les préoccupations prégnantes de l’agenda international sur les ques -
de la terre, c’est un pédologue spécialisé
dans l’étude des environnements arides par tions d’environnement et de développement. Ces questions sont bien sûr traitées par la
télédétection. il a animé plusieurs projets Convention des Nations unies dont c’est le mandat (la CNuLCd), mais cela va
de recherche internationaux en méditerra- bien au-delà, comme en témoignent les différentes contributions à ce numéro.
née sur cette thématique. il a présidé le
Comité Scientifique Français de la déserti- Dans la majorité des cas, tant la recherche sur les causes des problèmes affectant
fication (CSF d) de 2010 à 2017 et a participé ces régions que celle de solutions déjà à l’œuvre ou qui devraient être mises
à des groupes de travail de la CN uLd, il est en place nécessitent de pouvoir évaluer l’état des ces terres arides puis de
un des fondateurs de l’association desert- suivre leur évolution dans le temps. Il s’agit de mesurer comment elles sont
Net international.
impactées, aussi bien par le changement climatique que par les actions
humaines, dont celles à objectif de développement.
Il y a ainsi un fort besoin de suivi et d’évaluation des ces grands territoires,
et les images des satellites de télédétection sont rapidement apparues comme
une source remarquable d’information sur ces régions souvent difficiles d’ac -
cès. Ces régions sèches ont de surcroit l’avantage d’être peu ennuagées, donc
bien plus visibles des satellites les plus courants (équipés de capteurs fonction -
nant dans le domaine solaire : télédétection passive).
La télédétection a par ailleurs connu un fort essor technologique. Si, dans le
domaine civil, les premières images disponibles en 1972 provenaient d’un
seul satellite (Landsat1), en ce moment, une centaine de satellites sont en train
d’observer la Terre depuis l’espace. Ils recueillent une masse croissante de
données, le plus souvent sous forme d’images, de façon répétée dans le temps,
et avec un coût modéré. Cela permet de mesurer, de modéliser et de suivre
les évolutions de notre environnement à différentes échelles spatiales et tem -
porelles. Deux revues récentes proposent une vue d’ensemble des utilisations
de la télédétection dans les drylands (Escadafal, 2016 ; Escadafal & Begni, 2016)
qui complèteront utilement cette brève note.
De nombreuses applications ont été progressivement mises au point et le suivi
du développement des plantes est certainement la plus importante. Les images
de basse résolution spatiale mais acquises fréquemment (haute résolution
temporelle) sur la totalité du Globe permettent d’avoir une vue d’ensemble
des fluctuations de la végétation verte (images NOAA-AVHRR, p.ex.).
Cependant, ces approches à échelle continentale sont trop globales pour
satisfaire les besoins opérationnels de projets de développement. Des suivis
plus détaillés de la végétation, particulièrement des cultures, sont maintenant
couramment pratiqués, y compris en Afrique (Bégué et al., 2016).
richard.escadafal@cesbio.cnes.fr
1. ou « drylands » en anglais, malaisément traduit en français par « régions sèches »
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 61

