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analyse de la vulnérabilité au changement

climatique des moyens d’existence des

populations en zones arides : cas de

la région meNa 1



mongi SGHaier
mongi Sghaier est professeur en économie
agricole ayant comme centre d’intérêt Quels impacts du changement climatique, cumulés
l’économie des ressources naturelles et de
l’environnement. il assure actuellement la à la désertification, dans les zones arides du meNa
direction de la valorisation des acquis de
recherche à l’institut des régions arides, La prise de conscience internationale des effets du changement climatique
médenine, tunisie. il coordonne et participe (CC) sur l’état de la désertification et les moyens d’existence (livelihood) des
à plusieurs programmes et projets de coo- populations, et sur les écosystèmes a été confirmée depuis le Sommet de la
pération internationale dans le domaine
de la gestion des ressources naturelles, de Terre à Rio en 1992 (IPCC, 2007 ; IPCC, 2016 ; Brun et al., 2016 ; Carroget
développement local et de lutte contre la et al., 2017). Celle-ci a été consolidée par le Protocole de Kyoto, adopté le
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désertification. il est actif dans l’organisa- 11 décembre 1997 et l’Accord de Paris (décembre 2015) sur le climat , entré
tion de nombreuses rencontres scienti- en vigueur en novembre 2016.
fiques nationales et internationales. il a
assuré l’encadrement de plusieurs docto- En effet, les différents rapports d’évaluation du Groupe d’experts inter-
rants et offre son expertise à divers orga- gouvernementaux (GIEC) pour l’étude du climat (IPCC, 2001 ; 2007 et
nismes nationaux et internationaux. il a 2016) ont mis en évidence l’existence de changements exceptionnels à l’échelle
publié de nombreuses publications dans
des revues nationales et internationales et de milliers d’années et de changements non seulement dus à la variabilité
co-édité plusieurs ouvrages scientifiques. naturelle du climat, mais également à des facteurs liés aux activités humaines.
Par ailleurs, il y a un consensus croissant sur le fait que le CC est le défi le
plus difficile à relever dans l’histoire récente du point de vue du bien-être
humain. L’ampleur de l’impact serait grandement différente d’un pays à l’autre
et les régions arides sont considérées comme les régions les plus vulnérables,
où les impacts attendus du CC auront des répercussions socio-économiques
graves, affectant une grande partie de ces régions (Dasgupta et al., 2007).

Dans les pays en développement, les événements extrêmes représentent une
source majeure de risque pour les pauvres et peuvent potentiellement aggraver
l’état de dégradation des ressources naturelles rares. Ceci pourrait conduire
à détruire les acquis du développement et ainsi empêcher d’atteindre les
Objectifs du Millénaire pour le développement (ONU, 2000 ; DFID, 2004).
En raison de leur importance globale, étendue spatiale et étendue des impacts,
l’exposition aux risques de sécheresse et d’inondation constitue un élément
important de la vulnérabilité des territoires et leur capacité d’adaptation.




1. Le présent article est basé dans une large mesure sur la contribution de l’auteur au travail
réalisé dans le cadre du projet MENA-DELP, piloté par l’OSS et financé par la Banque
mondiale et le FEM pour soutenir des projets d’investissement en Algérie, en Égypte,
en Jordanie, au Maroc et en Tunisie (Sghaier, 2016). L’étude couvre la région MENA
tout en mettant l’accent sur les pays impliqués dans le projet : Algérie, Égypte, Jordanie,
Maroc, et Tunisie.
s.mongi@ira.rnrt.tn 2. La Conférence des Parties (CdP22), tenue à Marrakech (Maroc) du 7 au 18 novembre
2016 a permis de signer la proclamation d’action en faveur du climat et du développe -
ment durable. http://unfccc.int/portal_francophone/items/3072.php
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