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La Convention des Nations unies


sur la lutte contre la désertification

Ses enjeux, son rôle, son avenir




marc Bied-CHarretoN
marc Bied-Charreton, ingénieur agro (iNa
Paris), docteur en géographie (université Les trois principales Conventions internationales traitant des questions d’environnement
de Paris 1). Géographe orStom dans sont la Convention cadre sur les changements climatiques, la Convention sur
l’équipe G.Sautter-P.Pélissier-J.P.raiso, il se
spécialise ensuite dans l’inventaire des la diversité biologique et la Convention sur la lutte contre la désertification.
ressource naturelles (cartographie, statis- L’esprit de ces Conventions découle des premières conférences des Nations
tiques, télédétection). de 1981 à 1989, il
est responsable de la coopération française Unies sur l’environnement et le développement : Stockholm, en 1972, où l’on
en la matière ; il est à l’origine de l’obser- a parlé de désertification et de développement durable ; puis en 1977, une
vatoire du Sahara et du Sahel en 1992. conférence spéciale sur la désertification à Nairobi adopte un plan d’action,
responsable de l’environnement à la Fao- à la suite notamment des grandes sécheresses sahéliennes des années 1968 –
rome puis en 1999 Professeur à l’ université 1973 ; une direction et un programme spécifique du Programme des Nations
de Vessailles St Quentin en Yvelines. i l a été
). Il faudra
1
président du CSFd de 2003 à 2010 et unies pour l’environnement (PNUE) sont créés (DESCON
membre du CSt du FFem. attendre la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Déve-
loppement (CNUED, Rio 1992) pour que les Conventions sur la diversité
biologique et les changements climatiques soient adoptées.
À Rio est également adopté l’Agenda 21, avec son chapitre 12 consacré à la
désertification. Celui-ci recommande la mise en place d’une Convention
spécifique et le renforcement des organisations sous-régionales déjà exis-
tantes comme le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel
(CILSS), l’Autorité Intergouvernementale pour le Développement (IGAD),
L’Union du Maghreb Arabe (L’UMA) et l’Observatoire du Sahara et du Sahel
(OSS).
En 1993 et 1994, un Comité International de négociation (CIND) se réunit
cinq fois ; les 14 et 15 octobre 1994, les représentants de 104 pays, réunis à
Paris, signent la Convention des Nations unies sur la lutte contre la déserti-
fication (CNULCD). Elle entre en vigueur après sa satification par 50 États
le 26 décembre 1996.

La première Conférence des Parties (CdP1) se réunit en octobre 1997 à la
FAO, à Rome. Aujourd’hui, 194 pays et l’Union européenne ont ratifié la
Convention et les Conférences des Parties ont lieu tous les deux ans. En 1999,
2001, 2002, 2004 et 2006, les rapports des pays Parties ont été examinés par
le Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre (CRIC) et les synthèses
transmises aux CdP. Depuis 2010, un nouveau cycle de rapports d’activités
des pays Parties a été mis en place avec une exigence plus grande d’harmo-
2
nisation : rapport de mise en œuvre de la Convention dans chaque pays,
rapport sur les activités d’appui à la mise en œuvre par les pays développés
Parties.

bied-charreton.marc@wanadoo.fr 1. Desertification Control (Comité mixte PNUE/PNUD) ; MNUD : Programme des
Nations Unies sur le Developpement
2. Adoptant des indicateurs mesurables, standardisés et uniformisés
22 liaison énergie-francophonie
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