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acteurs et mécanismes de gouvernance
de la Convention des Nations unies
sur la lutte contre la désertification
Boubacar CiSSÉ
il a travaillé pendant sept ans dans la mise
en œuvre de programmes de lutte contre La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNuLCd)
la désertification et programmes des res- fait partie des trois conventions dites de la génération de Rio, ayant vu le jour à l’issue
sources naturelles dans le Sahel du Burkina
du sommet de la terre qui s’est tenu à Rio de Janeiro en juin 1992, sous l’égide des
Faso (Programme Sahel Burkinabé à
Gorom- Gorom) et deux ans comme assis- Nations unies. Elle symbolise en particulier l’engagement politique de la communauté
tant au programme d’oxfam au Burkina internationale pour faire face aux problématiques de désertification et de sécheresses
Faso sur le programme de lutte contre la récurrentes, ayant en particulier touché l’Afrique. Après un rappel historique, seront
pauvreté et de renforcement des capacités présentés dans cet article les mécanismes de gouvernance internationale autour de la
des organisations locales de société civile. « désertification », la place de la CN uLCd et de ses organes directeurs (CdP, CRIC
depuis le 1 février 1999, il travaille pour et Cst) et le rôle des points focaux nationaux de la Convention dans sa mise en œuvre.
er
le compte du Secrétariat de la Convention
des Nations unies sur la lutte contre la
désertification, particulièrement pour Historique
le programme en afrique, et est devenu
coordonnateur de ce programme depuis La mobilisation de la communauté internationale pour faire face de manière
mars 2007. collective au défi émergent de la désertification remonte principalement à la
fin des années 60 – début des années soixante-dix lorsque de sévères séche-
resses ont frappé la région du Sahel entre 1968 et 1973. Elle s’est traduite par
une prise de conscience progressive par la communauté internationale du
phénomène de la désertification, prise de conscience qui a abouti en 1977 à
la conférence internationale sur la désertification tenue à Nairobi, au Kenya,
sous l’égide du PNUE. C’est lors de celle-ci que le premier engagement de
la communauté internationale sur le sujet a été adopté, connu sous l’appellation
de Plan d’Action de Nairobi. Cependant, bien qu’ayant bénéficié pour la
première fois de l’attention de la communauté internationale, le phénomène
est malgré tout resté considéré comme étant purement local et les approches
pour y faire face sont demeurées descendantes « top-down » et dépourvues
de vision globale. La Conférence de Nairobi n’avait d’ailleurs pas été en mesure
de rassembler plus de 100 pays et organisations internationales et régionales.
Malheureusement, en dépit des efforts de mise en œuvre de ce plan, le PNUE
a été amené, en 1991, à constater que le phénomène s’était intensifié. Il faudra
alors attendre la Conférence Internationale sur l’Environnement et le Déve -
loppement de Rio de Janeiro en 1992, pour que le sujet soit remis à l’ordre
du jour de l’agenda mondial, essentiellement grâce à l’engagement politique
des leaders africains qui ont souligné la nécessité d’y consacrer une convention
internationale, au même titre que le changement climatique ou la protection
de la biodiversité. Son élaboration a alors démarré juste après le Sommet de
Rio, dans le cadre d’un mandat précis octroyé par l’Assemblée Générale des
Nations Unies.
bcisse@unccd.int Ainsi, la CNULCD fut adoptée à Paris le 17 juin 1994 et également ouverte
à la signature les 14 et 15 octobre de la même année.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 25
de la Convention des Nations unies
sur la lutte contre la désertification
Boubacar CiSSÉ
il a travaillé pendant sept ans dans la mise
en œuvre de programmes de lutte contre La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNuLCd)
la désertification et programmes des res- fait partie des trois conventions dites de la génération de Rio, ayant vu le jour à l’issue
sources naturelles dans le Sahel du Burkina
du sommet de la terre qui s’est tenu à Rio de Janeiro en juin 1992, sous l’égide des
Faso (Programme Sahel Burkinabé à
Gorom- Gorom) et deux ans comme assis- Nations unies. Elle symbolise en particulier l’engagement politique de la communauté
tant au programme d’oxfam au Burkina internationale pour faire face aux problématiques de désertification et de sécheresses
Faso sur le programme de lutte contre la récurrentes, ayant en particulier touché l’Afrique. Après un rappel historique, seront
pauvreté et de renforcement des capacités présentés dans cet article les mécanismes de gouvernance internationale autour de la
des organisations locales de société civile. « désertification », la place de la CN uLCd et de ses organes directeurs (CdP, CRIC
depuis le 1 février 1999, il travaille pour et Cst) et le rôle des points focaux nationaux de la Convention dans sa mise en œuvre.
er
le compte du Secrétariat de la Convention
des Nations unies sur la lutte contre la
désertification, particulièrement pour Historique
le programme en afrique, et est devenu
coordonnateur de ce programme depuis La mobilisation de la communauté internationale pour faire face de manière
mars 2007. collective au défi émergent de la désertification remonte principalement à la
fin des années 60 – début des années soixante-dix lorsque de sévères séche-
resses ont frappé la région du Sahel entre 1968 et 1973. Elle s’est traduite par
une prise de conscience progressive par la communauté internationale du
phénomène de la désertification, prise de conscience qui a abouti en 1977 à
la conférence internationale sur la désertification tenue à Nairobi, au Kenya,
sous l’égide du PNUE. C’est lors de celle-ci que le premier engagement de
la communauté internationale sur le sujet a été adopté, connu sous l’appellation
de Plan d’Action de Nairobi. Cependant, bien qu’ayant bénéficié pour la
première fois de l’attention de la communauté internationale, le phénomène
est malgré tout resté considéré comme étant purement local et les approches
pour y faire face sont demeurées descendantes « top-down » et dépourvues
de vision globale. La Conférence de Nairobi n’avait d’ailleurs pas été en mesure
de rassembler plus de 100 pays et organisations internationales et régionales.
Malheureusement, en dépit des efforts de mise en œuvre de ce plan, le PNUE
a été amené, en 1991, à constater que le phénomène s’était intensifié. Il faudra
alors attendre la Conférence Internationale sur l’Environnement et le Déve -
loppement de Rio de Janeiro en 1992, pour que le sujet soit remis à l’ordre
du jour de l’agenda mondial, essentiellement grâce à l’engagement politique
des leaders africains qui ont souligné la nécessité d’y consacrer une convention
internationale, au même titre que le changement climatique ou la protection
de la biodiversité. Son élaboration a alors démarré juste après le Sommet de
Rio, dans le cadre d’un mandat précis octroyé par l’Assemblée Générale des
Nations Unies.
bcisse@unccd.int Ainsi, la CNULCD fut adoptée à Paris le 17 juin 1994 et également ouverte
à la signature les 14 et 15 octobre de la même année.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 25

