Page 50 - lef-105
P. 50
végétation pérenne qui est la plus sensible aux change-
ments globaux. Cependant il existe des différences très
importantes entre la partie nord et sud du désert du Sahara.
Au nord du Sahara, les pluies sont réparties de façon très
inégale. Elles sont généralement peu intenses entre les
mois de septembre à avril durant la période froide, à un
moment où l’évaporation n’est pas trop importante. Géné -
ralement il ne pleut pas durant les mois les plus chauds de
mai à juillet.

Au contraire, au sud du Sahara les pluies sont plus intenses
et concentrées durant les mois d’été (de juin à septembre).
Elles dépendent du déplacement vers le nord de la zone
de convergence intertropicale (ZCIT).
Au nord du Sahara, la chaine de l’Atlas formée durant le
plissement alpin met à jour des formations sédimentaires
souvent carbonatées, parfois gypseuses, principalement du
Secondaire et du Tertiaire. Ces sols sont jeunes, généra-
lement faiblement développés sur la roche mère de type
Calcosols ou Gypsosols avec des accumulations sédimen -
taires récentes dans les glacis. Les argiles sont de type
hérité de la roche mère ou fibreux. Ces sols sont généra-
lement bien pourvus en nutriments mais parfois salés dans
les bas-fonds.
Les processus d’érosion rapide laissent la place à des Photo 1 : Balanites aegyptiaca (L.) Del. déchaussé par la déflation éolienne
Arenosols (sols sableux), des Leptosols (sols peu épais) voire (3 m) à Goudoumaria, Observatoire ROSELT/OSS de Diffa, Niger
des Regosols lorsqu’ils sont très érodés (IUSS, 2014),
pauvres en matière organique, avec pour conséquence une
très faible réserve en eau utile et une grande sensibilité à celle des sols et la diminution de la régénération des aqui -
l’érosion hydrique et éolienne. La dégradation de la qualité fères, (ii) dans les zones de cultures pluviales, la dégrada -
des sols est un pas important vers la désertification. tion physiques, chimiques et biologiques des sols et enfin

Au contraire au sud du Sahara, en zone Sahélo- Saharienne, (iii) dans les zones irriguées, la dégradation physique des
les sols se sont développés sur les marges des cratons très sols et leur salinisation.
anciens (Aïr, Hoggar, Kedia d’Idjil). Ils sont de ce fait Lorsque le cheptel est pléthorique et dépasse l’offre four-
souvent épais, plus argileux de type kaolinite, de type ragère, lorsque le prélèvement en phytomasse dépasse la
Lixisol et plus riches en oxydes, parfois cuirassés, témoins production annuelle ; on parle de surpâturage. L’effet du
d’un passé pluvieux. Ces sols sont souvent très désaturés surpâturage est attesté à travers les mises en défens qui
de type Acrisol et leur fertilité est réduite à l’horizon de illustrent la différence entre les parcours pâturés, dégradés,
surface et dépend souvent des apports éoliens plus riches en et ceux clôturés pourvus d’une phytomasse et d’une bio -
nutriments. Ils évoluent très vite en Leptosols ou Regosols diversité plus élevées (Amghar et al., 2016). Pour suivre
une fois érodés. les évolutions, l’OSS a mis en place un réseau de Surveil -
1
lance environnementale à long terme circum-saharien, en
mécanismes de la dégradation des Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. La réduction
terres en zone circum-saharienne de la végétation entraine une réduction de la litière, qui
s’accompagne d’une réduction de la matière organique,
Dans les zones circum-sahariennes, les processus et effets présentant déjà de faibles teneurs dans ces écosystèmes
majeurs de la dégradation des terres sont (i) dans les zones
à vocations pastorales, la dégradation de la végétation,
1. Observatoire du Sahara et du Sahel, programmes ROSELT/
OSS et DNSE : http://www.oss-online.org/fr/programme-
environnement
50 liaison énergie-francophonie
   45   46   47   48   49   50   51   52   53   54   55