Page 21 - La pandémie de la COVID-19
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L’augmentation des pratiques touristiques de plein air               Conclusion : de nouvelles pratiques
autonome au Québec à l’été 2020 a néanmoins renforcé                 soutenables limitées
la pression sur les milieux fragiles et a augmenté la pré-
gnance de conflits d’usage en créant un sentiment de              La pandémie de la COVID-19 a constitué un choc d’ampleur
dépossession chez certaines communautés locales (Koenig-          dans nos modes de vie, dont la rapidité et la globalité sont
Soutière, 2020)15. Certains attraits naturels de la Gaspésie      sans précédent. En recréant du commun et en mettant en
ont ainsi vu un accroissement de leur fréquentation, au           cause certaines conventions, cette pandémie a ouvert un
point où les autorités locales ont été contraintes d’en inter-    espace propice à l’émergence de nouvelles pratiques plus
dire physiquement l’accès en urgence16, et ce, bien qu’elles      soutenables. Au Québec, comme ailleurs dans le monde,
aient au préalable adopté des règlements afin d’en limiter        la pandémie de la COVID-19 a ainsi notamment renforcé
ou d’en réguler l’accès. L’ampleur de l’attrait exercé sur les    un tourisme de proximité et de plein air autonome, moins
Québécois par ces pratiques durant la saison estivale 2020        polluant que le tourisme international du fait de la forte
a, en fait, été largement inattendue et a ainsi pris de court     limitation des distances parcourues en avion et pouvant
les communautés locales, qui n’ont pu s’adapter à une telle       faciliter l’adoption de pratiques soutenables par les tou-
affluence a priori soit en favorisant la responsabilité des       ristes. Cependant, la durabilité de ces nouvelles pratiques
usagers temporaires par de larges campagnes de préven-            reste questionnable. Au Québec, leur ampleur s’étant
tion, soit, par exemple, en aménageant leurs espaces              accrue brutalement et sans que des politiques adaptées
naturels pour en encadrer les usages. Si la pandémie de la        aient pu être mises en œuvre de façon préventive, elles
COVID-19 a généré du commun à l’échelle mondiale,                 ont entraîné certains effets délétères pour l’environn­ ement
elle n’en a pas pour autant fait disparaître par magie toutes     et les communautés. Au-delà, à l’échelle mondiale, des
les logiques individualistes de notre quotidien, telle que        interrogations persistent quant à l’enracinement véritable
celle d’accroître son bien-être (par exemple en campant           des nouvelles pratiques soutenables héritées de la pan­
au bord de la plage), parfois au détriment des communautés        démie de la COVID-19. Par exemple, la poursuite de la
et de l’environnement local.                                      diminution des émissions de gaz à effet de serre liée à
                                                                  la diminution du transport aérien semble fort incertaine
                                                                  (Wang et al., 2020)17. 

                                                                                                                 Crédit photo : Pixabay

La Gaspésie, Canada-Québec

15.	 www.journaldequebec.com/2020/07/27/                          17.	 Wang, Q., Lu, M., Bai, Z. et Wang, K. (2020). « Coronavirus
       tout-le-monde-debarque-ici-cest-le-desastre                       pandemic reduced China’s CO2 emissions in short-term, while
                                                                         stimulus packages may lead to emissions growth in medium-
16.	 www.lapresse.ca/actualites/regional/2020-07-24/la-gaspesie-         and long-term », Applied Energy, 278, DOI : 10.1016/j.
       envahie-par-des-vacanciers-juges-mal-eleves.php                   apenergy.2020.115735.

La pandémie de la COVID-19 : une opportunité pour développer des sociétés plus durables, justes, et résilientes                          21
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