Page 22 - La pandémie de la COVID-19
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Débalancement de la chaîne de valeur
et refonte de l’économie
Lorraine SIMARD, M. Env. Les engagements des entreprises et des États pour développer une économie circulaire
se multiplient. Loin encore d’être un modèle prédominant, la pandémie a permis de
Lorraine Simard œuvre en environnement, reconnaître l’urgence d’accélérer la mise en route de ce grand chantier. Le bouleversement
en économie circulaire et en leadership extrême qui afflige actuellement nos sociétés a fait apparaître les faiblesses et les limites
sociétal. Elle intervient aux niveaux straté- du système économique linéaire actuel. À la recherche de solutions correctives devant les
giques et opérationnels dans les domaines enjeux des changements climatiques et de la disponibilité des ressources, une relève
manufacturiers, miniers, culturels et auprès entrepreneuriale de la Francophonie s’intéresse attentivement aux Objectifs du déve-
des gouvernements. Elle a animé le dialogue loppement durable (ODD) des Nations Unies et à l’économie circulaire pour repenser
minier responsable au Canada, en Afrique son modèle d’affaires avec ses parties prenantes et préparer la relance post-COVID.
de l’Ouest et en Afrique centrale. Elle parti-
cipe aux travaux d’ISO sur la restauration et La COVID-19 nous interpelle tous. On ne doit pas être surpris par l’ébran-
la gestion de la fermeture des mines au lement des écosystèmes résultant des activités humaines intensives, car la
Conseil canadien des normes et auprès de littérature mentionnait déjà le risque élevé de débalancement et de vulnérabilité
l’Association Réseau Normalisation et Fran- systématique aux pandémies. Les experts de la Plateforme intergouver
cophonie. Conférencière internationale, elle nementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosys-
a aussi publié deux guides sectoriels sur les témiques (IPBES) ont démontré pour la première fois en 2019 que l’activité
meilleures pratiques de durabilité et intégré humaine était responsable de l’érosion de 75 % des écosystèmes terrestres. La
la dimension culturelle et les niveaux de fragmentation de l’habitat et le contact humain avec les animaux sauvages
leadership RSE et de dialogues dans ses augmentent le risque de maladies faune-humain.
outils et naturellement, dans ses pratiques
avec ses clients. L’année 2019 a permis de lancer la nouvelle décennie des Nations Unies pour
la restauration des écosystèmes terrestres et marins, tout en misant sur la
création d’emplois, la sécurité alimentaire, la lutte contre les changements
climatiques et la perte de la biodiversité.
2020 devait être l’année de la révision des engagements des États pour le
climat et une année charnière pour la biodiversité. Les réunions ont été
reportées en 2021 en raison de la COVID-19. Au seul chapitre du climat,
nous sommes loin de l’objectif de l’Accord de Paris qui est de contenir le
réchauffement en dessous de la barre de 2 degrés Celsius, même en période
de pandémie.
Les activités post-COVID-19 devraient être de l’ordre de la correction et de
l’alignement vers un modèle d’activité humaine viable et en harmonie avec
notre environnement : cela est d’autant plus incontournable en ce début de
XXIe siècle, celui du développement durable. La pandémie aura eu pour effet
d’ouvrir une porte que l’on savait présente mais discrète, en veille, révélant
une forme de déni des gens et des États.
Lorraine.Simard@comite21quebec.org
22 LIAISON ÉNERGIE-FRANCOPHONIE

